Trafic à la galerie Wagner : le tribunal réduit fortement les charges
Galerie Wagner : le tribunal réduit fortement les charges

Vendredi 18 septembre au soir, le tribunal correctionnel de Nîmes a considérablement réduit le périmètre des infractions reprochées aux huit prévenus du trafic de drogue de la galerie Wagner, à Pissevin. Les juges ont prononcé des condamnations en série mais aussi de nombreuses relaxes, tant sur la période de prévention que sur la nature des produits, ne retenant que le cannabis sur quelques mois. Aucun appel n'a été annoncé à ce stade.

Un procès marathon et une ordonnance de 130 pages

Au terme d'un long procès, démarré le matin et s'achevant le soir, le tribunal correctionnel a rendu son jugement vendredi soir dans l'affaire de trafic de drogue à la galerie Wagner pour des faits reprochés entre janvier et novembre 2023. Un juge d'instruction de Nîmes avait renvoyé en correctionnelle huit prévenus pour leur implication dans le point de deal le plus gros de Nîmes, considérant même qu'il s'agissait du plus « gros four de la Ville ».

L'affaire, résumée en 130 pages d'ordonnance de renvoi, avait révélé une organisation dans la gestion et la surveillance de ce haut lieu du trafic, avec des dizaines d'employés chargés de différents postes comme guetteur ou sacocheur (celui qui fournit les clients). Huit prévenus avaient à répondre d'association de malfaiteurs, acquisition, détention, transport, usage de stupéfiants et blanchiment pour certains, et détention d'armes pour un autre prévenu.

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Des relaxes sur la durée et les produits

Au terme de longs débats et de longues plaidoiries, lors d'un procès public, le tribunal a rendu son délibéré dans la soirée du vendredi 18 septembre et a considérablement réduit le périmètre des infractions reprochées, aussi bien dans leur durée que dans leur nature. Ainsi, le tribunal a relaxé l'un des prévenus pour l'association de malfaiteurs et a resserré la période de prévention (la durée des faits reprochés entre janvier et novembre 2023) pour la plupart de ces Nîmois jugés pour leur rôle dans le trafic à la galerie Wagner.

Le tribunal correctionnel a estimé que les condamnations tenaient seulement sur une période de quelques mois (par exemple octobre à novembre 2023) ou moins d'un mois pour un autre prévenu. Les juges correctionnels ont aussi écarté la cocaïne et l'ecstasy comme produits imputés aux prévenus et n'ont retenu que le cannabis.

Des peines réduites, jusqu'à trois ans de prison

Les avocats de la défense (Mes Aubert, Bouguessa, Rey, Dembraoui) ont longuement contesté les charges du dossier, estimant qu'elles étaient insuffisantes pour étayer une décision de culpabilité. Le parquet avait demandé des condamnations en série, sauf pour un trentenaire (poursuivi pour acquisition, détention, offre) pour qui le ministère public a requis la relaxe, d'ailleurs décidée par les juges pour un prévenu de 30 ans.

C'est donc un jugement bien moins accablant pour les prévenus que les charges ayant conduit à leur renvoi en correctionnelle. Néanmoins, le tribunal a condamné un homme de 23 ans à huit mois avec sursis et 2 000 euros d'amende pour les infractions sur les stupéfiants ; son frère, âgé de 34 ans, écope de sept mois ferme et 3 000 euros d'amende. Deux ans de prison dont un an avec sursis ont été prononcés contre un prévenu de 24 ans, la partie ferme sera exécutée sous forme de bracelet électronique ; ce dernier a été reconnu coupable en partie pour les infractions sur la drogue et les armes.

Pas d'appel annoncé

Trois ans de prison ont été ordonnés avec maintien en détention (un an avec sursis probatoire) pour un prévenu de 22 ans ; il a été déclaré coupable pour les délits liés au cannabis mais blanchi des soupçons de trafic de coke. Un homme de 31 ans écope quant à lui de 40 mois de prison (dont 12 avec sursis) avec bracelet électronique pour la partie ferme et 4 000 euros d'amende. Enfin, un prévenu de 23 ans est également partiellement relaxé (notamment pour la partie association de malfaiteurs) mais il est condamné pour les stupéfiants (sauf pour la cocaïne) et il écope de 14 mois de prison dont huit mois avec sursis probatoire et une amende de 2 000 euros.

À ce stade, ni la défense ni le parquet n'ont annoncé leur éventuelle intention de relever appel du jugement.

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