Une fraude de six millions d'euros démantelée dans le transport routier
Les gendarmes de la cellule de lutte contre les trafics (CLCT) de Lunel, dans l'Hérault, ont mené une opération d'envergure entre le Gard et l'Hérault, aboutissant à l'arrestation de cinq entrepreneurs du secteur du transport routier. Ces derniers sont soupçonnés d'avoir orchestré un vaste système de fraude incluant du travail dissimulé, des abus de biens sociaux, des escroqueries et du blanchiment d'argent en bande organisée, pour un montant total estimé à plus de six millions d'euros.
Une enquête lancée après la détection d'un travailleur sans-papiers
L'affaire a débuté il y a un an, suite à la découverte d'un travailleur d'origine algérienne, sans papiers et non déclaré, employé au sein d'une société de transport basée à Mauguio et Lunel. Le parquet de Montpellier a alors ouvert une enquête préliminaire, permettant aux gendarmes de la CLCT de Lunel et du GIR34 de mettre au jour une fraude à grande échelle impliquant une quarantaine d'employés non déclarés.
Les investigations ont révélé des centaines de transactions illicites pour le règlement des salaires. Les suspects sont également accusés d'avoir obtenu des prêts bancaires en utilisant de faux documents, tels que des contrats de travail et des fiches de paie frauduleuses, afin de financer des opérations immobilières d'envergure.
Blanchiment d'argent via l'immobilier et saisies importantes
Les enquêteurs ont établi que les individus mis en cause se livraient à des opérations de blanchiment par l'intermédiaire de l'achat et de la revente de biens immobiliers, en recourant à nouveau à de la main-d'œuvre non déclarée pour les travaux. Le produit de ces infractions, accumulé sur une période de quatre ans, est estimé à plus de six millions d'euros.
Lors des perquisitions, les gendarmes ont saisi 450 000 euros sur les comptes bancaires des suspects et ont découvert 127 000 euros en liquide dans leurs appartements. L'un d'eux détenait également deux armes de poing de calibre 9 mm ainsi que des munitions.
Saisie de six maisons et poursuite de l'enquête
Les enquêteurs ont procédé à la saisie de six maisons, principalement situées à Nîmes et Montpellier, pour une valeur supérieure à quatre millions d'euros. Il est important de noter que ces saisies immobilières n'entraînent pas de dépossession immédiate ; les occupants peuvent rester sur les lieux, mais les biens ne leur appartiennent plus légalement, a précisé le parquet.
Les suspects, des Nîmois et des Montpelliérains âgés d'une quarantaine d'années, dont certains ont des antécédents judiciaires, ont contesté les faits. Ils encourent jusqu'à dix ans d'emprisonnement. L'enquête se poursuit désormais pour déterminer d'éventuels liens avec le narcobanditisme, ajoutant une dimension supplémentaire à cette affaire complexe.
Cette opération, mobilisant plus de 90 militaires entre le 16 et le 18 février, illustre la détermination des autorités à lutter contre la fraude à grande échelle et le blanchiment d'argent dans la région Occitanie, mettant en lumière les risques associés aux pratiques illégales dans les secteurs du transport et de l'immobilier.



