Incendie de la forêt de Fontainebleau : deux ouvriers mis en examen
Fontainebleau : deux ouvriers mis en examen pour l'incendie

Le volet judiciaire s'accélère après le désastre écologique. Deux ouvriers d'une entreprise de travaux publics ont été mis en examen ce jeudi et placés sous contrôle judiciaire pour le déclenchement accidentel du principal incendie de la forêt de Fontainebleau, dont près d'un dixième de la surface a brûlé depuis dimanche.

Afin de saluer la mobilisation exceptionnelle du millier de pompiers engagés, soutenus par des moyens aériens inédits en Île-de-France (avions Dash et Canadair), le président de la République Emmanuel Macron s'est rendu jeudi matin au poste de commandement de crise, au cœur du massif des Trois-Pignons. Au total, le feu a d'ores et déjà ravagé près de 2 000 hectares de ce site renommé.

Des incendies d'une ampleur inédite

La France fait face « aux pires incendies » qu'elle ait connus depuis 1945, a dit le président de la République. Avec près de 11 000 feux et 35 000 hectares touchés par les flammes, la surface brûlée en France à mi-juillet a « d'ores et déjà dépassé » le total de la saison passée, a souligné à ses côtés le directeur général de la Sécurité civile Julien Marion.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Prisée des randonneurs et des grimpeurs, classée « réserve de biosphère » par l'Unesco, la forêt de Fontainebleau, située à 60 km de Paris, paiera un lourd tribut.

Ce sont des travaux de réparation d'une glissière de l'autoroute et l'étincelle d'une disqueuse qui auraient mis le feu à la végétation puis à la forêt jouxtant l'A6, a expliqué jeudi la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik. L'incendie s'était rapidement propagé du bord de l'A6 à la forêt.

Manquement à une obligation de sécurité

Deux ouvriers ont été mis en examen pour « destruction involontaire par incendie […] par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence », a indiqué la procureure de Fontainebleau à l'AFP. Ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Le gérant de la société a, lui, été placé sous le statut de témoin assisté, a ajouté la même source.

Mercredi, deux jeunes hommes de 18 ans dont un pompier volontaire, soupçonnés d'avoir mis le feu délibérément cette fois-ci, en deux autres endroits, Arbonne-la-Forêt et Fontainebleau, ont été mis en examen et écroués. À cet égard, le chef de l'État a assuré qu'il n'y aurait « aucune tolérance » pour les incendiaires « parce que c'est notre territoire national qui est attaqué chaque fois qu'un feu se déclenche ».

950 pompiers sur le terrain

Quelque 950 pompiers ont été encore à pied d'œuvre jeudi pour éteindre le feu, qui avait conduit à l'évacuation de près d'un millier d'habitants dans la nuit de dimanche à lundi alors qu'il se rapprochait des habitations.

« Comme les autres jours, on a toujours de la réactivation du vent et la température qui se lève, ce qui nous occasionne des réactivations de feu ici ou là », a indiqué jeudi à la mi-journée Sébastien Avenel, directeur adjoint des pompiers de Seine-et-Marne, qui commande les opérations de secours depuis Noisy-sur-Ecole. Mais si le gros du feu est maîtrisé, le combat fastidieux des pompiers va durer, en raison de la tourbe et du sable très présents dans cette forêt.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale