Le fondateur de l'association Ne crin plus rien reconnu coupable par la justice
Ce mardi 24 février, le tribunal correctionnel de Libourne a rendu son jugement dans l'affaire concernant Éric Martin, président fondateur de l'association de sauvetage de chevaux Ne crin plus rien. Le prévenu a été reconnu coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés et condamné à une peine de deux mois de prison avec sursis, accompagnée de nombreuses amendes et de peines complémentaires significatives.
Des manquements graves à la protection animale
La juridiction a particulièrement retenu un délit d'entrave à l'action des services de l'État. En juin 2024, à Saint-Sulpice-et-Cameyrac, Éric Martin s'était opposé de manière agressive à la saisie d'un cheval jugé en mauvais état par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Il avait même déplacé l'animal pour empêcher son placement, nécessitant l'intervention des forces de gendarmerie sur place.
Le tribunal a également sanctionné le non-respect répété de mises en demeure administratives concernant plusieurs aspects essentiels de la gestion équine. Parmi les manquements constatés figuraient des registres d'élevage incomplets, l'absence d'identification de plusieurs équidés et le défaut de traçabilité des soins vétérinaires apportés aux animaux.
Des conditions de vie dangereuses pour les équidés
D'autres infractions ont été relevées concernant les conditions de vie des chevaux confiés à l'association. Les enquêteurs ont constaté que certains animaux étaient maintenus dans des environnements jugés particulièrement dangereux. Les rapports mentionnaient notamment des clôtures défaillantes, des piquets métalliques susceptibles de provoquer des blessures graves, ainsi que la cohabitation forcée avec des congénères agressifs.
Les amendes prononcées par le tribunal s'échelonnent de 100 à 1 000 euros, dont une large partie avec sursis. Plusieurs chevaux ont par ailleurs fait l'objet de remises définitives à une œuvre de protection animale reconnue, en l'occurrence la Fondation Brigitte Bardot, qui s'était constituée partie civile dans cette affaire.
Des conséquences civiles importantes
Sur le volet civil, la Fondation Brigitte Bardot a obtenu gain de cause et s'est vue accorder près de 20 000 euros pour la prise en charge de plusieurs chevaux placés par le parquet. Une indemnité complémentaire de 800 euros lui a également été attribuée. Une autre partie civile a été indemnisée pour son préjudice moral, tandis que certaines associations n'ont pas été jugées recevables à agir dans cette procédure.
Le tribunal n'a pas retenu d'actes de cruauté volontaire de la part d'Éric Martin. Cependant, les magistrats ont estimé que le président de Ne crin plus rien n'avait pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour assurer durablement la sécurité et le bien-être des animaux confiés à son association. Cette décision de justice souligne l'importance des obligations légales incombant aux structures accueillant des équidés et la responsabilité de leurs dirigeants en matière de protection animale.



