Le 9 juillet 2025, au tribunal de Créteil, la parole est enfin rendue à Assia B., 42 ans, tuée par son ex-conjoint en 2022. Pendant deux heures, sa sœur, son frère et sa meilleure amie ont décrit une femme « pleine de vie », « solaire », « qui illuminait notre famille ». Un récit qui contraste avec la stratégie de défense de l’accusé, qui tente de minimiser les violences antérieures.
Un portrait contrasté avec la défense
« Sa présence illuminait notre famille », a déclaré sa sœur cadette, la voix étranglée. Assia B. était mère de deux enfants, aide-soignante de profession, décrite comme « généreuse jusqu’à l’oubli de soi ». Son frère a évoqué une femme « qui avait réussi à se reconstruire après une première relation toxique », avant de rencontrer celui qui deviendrait son meurtrier. Le procès, qui a débuté le 7 juillet, a vu l’accusé reconnaître les coups mortels mais contester l’intention de donner la mort, plaidant la « violence accidentelle ».
Des violences antérieures occultées
Les proches ont dénoncé l’omerta autour des violences conjugales qu’Assia subissait. « Elle n’en parlait pas, par honte, par peur », a témoigné sa meilleure amie. Selon les enquêteurs, l’accusé avait déjà été condamné pour violences en 2019, mais Assia n’avait pas porté plainte. « Le système l’a laissée tomber », a ajouté la sœur. Le parquet a requis 25 ans de réclusion criminelle, soulignant « la particulière gravité des faits, commis en présence des enfants ».
Un procès sous haute tension
L’audience a été marquée par des échanges tendus entre la défense et les parties civiles. L’avocat de l’accusé a tenté de discréditer les témoins, les qualifiant de « partiaux ». Mais le président du tribunal a rappelé que « la victime n’est pas jugée ici ». Un collectif féministe présent dans la salle a scandé « Assia, on n’oublie pas » à la sortie. Le verdict est attendu le 12 juillet.
Un féminicide parmi 145 en 2022
Selon le ministère de l’Intérieur, 145 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2022, soit une hausse de 20 % par rapport à 2021. Assia B. est l’une d’elles. Son histoire, longtemps ignorée des médias, est aujourd’hui racontée par ceux qui l’ont aimée. « On ne retient que le nom du tueur, jamais celui de la victime », a déploré son frère. Ce procès marque une tentative de rééquilibrer la balance.



