Finistère : un octogénaire condamné pour harcèlement contre une maire
Finistère : octogénaire condamné pour harcèlement

Un octogénaire condamné pour avoir harcelé une maire dans le Finistère

Un homme de 83 ans a comparu ce lundi 10 mai devant le tribunal judiciaire de Quimper pour avoir envoyé plus de 300 courriels et lettres diffamatoires à la maire de Plonéour-Lanvern, ainsi qu'à trois élus et à la secrétaire de mairie, entre 2023 et le 19 février 2026. L'octogénaire, originaire du Pays Bigouden, a été reconnu coupable de harcèlement moral et de diffamation.

Des faits répétés sur trois ans

Excédée par les messages malveillants reçus à toute heure, la maire de Plonéour-Lanvern a déposé plainte le 30 janvier 2026 à la gendarmerie de Pont-l'Abbé. Elle avait comptabilisé plus de 300 courriels diffamants, sans compter les publications sur les réseaux sociaux qui évoquaient sa vie privée et sa famille, mettant en doute sa probité. Selon l'édile, ce comportement était « anti-démocratique ». Elle n'a pas été réélue aux élections municipales de mars 2026.

Trois autres élus, dont l'adjoint à l'urbanisme, ainsi que la secrétaire de mairie, ont également été ciblés. Cette dernière a été particulièrement marquée psychologiquement par la malveillance et la réitération des messages. À l'origine de ce déchaînement, un problème relatif à la concession funéraire de l'épouse de l'octogénaire, décédée en 2023.

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Des excuses absentes lors du procès

En garde à vue, l'octogénaire n'a pas nié les faits, déclarant que « c'était une chance d'avoir pu entrer en conflit avec la mairie ». D'autres plaintes similaires, classées sans suite, avaient été ressorties par la procureure, qui avait déféré le prévenu et l'avait placé sous contrôle judiciaire. Entre-temps, la mairie avait installé un logiciel pour neutraliser ses messages.

Devant le tribunal, le prévenu a expliqué avoir agi pour obtenir des réponses à ses questions. « J'habite Pont-l'Abbé et n'avais pas mis les pieds à Plonéour-Lanvern depuis 40 ans. Si la mairie m'avait répondu de suite, on aurait tout réglé en 5 minutes », a-t-il affirmé, sans éprouver de remords ni présenter d'excuses aux victimes présentes. Le psychiatre a retenu une altération de son discernement due au deuil et à des troubles de la personnalité, soulignant un ego surdimensionné et une absence totale de remise en question.

Une condamnation à 4 mois de prison avec sursis

Les avocats de la partie civile se sont insurgés contre le comportement du prévenu, rappelant que la mairie avait tenté deux médiations et plusieurs rencontres, en vain. Le procureur a parlé d'acharnement : « Monsieur est autocentré, a des idées fixes. C'est inquiétant car il a fallu un déferrement et un placement sous contrôle judiciaire pour qu'il stoppe ses envois ». Il avait requis huit mois de prison avec sursis probatoire de deux ans et interdiction de contact avec les victimes.

La présidente Céline Verny a prononcé une peine de quatre mois de prison avec sursis, assortie d'une interdiction d'entrer en contact avec les victimes pendant deux ans et de se rendre à la mairie de Plonéour-Lanvern pendant un an. L'octogénaire devra également dédommager ses victimes, à hauteur de 300 à 1 000 euros, pour le préjudice moral subi.

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