Filouteries dans des restaurants : 5 mois de prison avec bracelet électronique
Filouteries restaurants : 5 mois avec bracelet électronique

Un homme de 36 ans, sous curatelle, a été condamné à cinq mois de prison aménageable avec bracelet électronique à domicile pour des repas impayés dans des restaurants à Montpellier, Jacou et Lattes. Les faits, commis entre le 26 juillet et le 5 août, ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montpellier.

Des repas impayés dans trois restaurants

Les montants des notes s'élèvent à 30, 31 et 32,50 euros. Ils ne sont pas astronomiques, mais l'homme ne les a pas réglés. Les faits se sont déroulés en l'espace de dix jours, les 26 juillet, 30 juillet et 5 août derniers. Le procédé était toujours le même : le trentenaire s'asseyait à une table, commandait un plat, un dessert et un café, puis annonçait aux serveurs qu'il ne pouvait pas payer, faute d'argent.

Lors de l'audience, il a reconnu les faits immédiatement après que la juge les a décrits. Il a déclaré à plusieurs reprises : « Je fais ça par manque d'argent. Je suis dans un engrenage. »

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Un prévenu en situation de précarité médicale et sociale

Sous curatelle simple depuis janvier 2025, il touche les APL ainsi que les allocations adultes handicapés. Une des assesseuses a remarqué : « C'est un problème de gestion d'argent. » L'examen psychiatrique a révélé que le prévenu présente des symptômes paranoïdes pour lesquels il prenait un traitement, arrêté il y a un an, en même temps que son suivi psychologique. Lors de l'audience, il ne pouvait pas retenir quelques TOC.

Le prévenu, célibataire et sans enfants, a déjà deux mentions de vol et vol avec récidive sur son casier judiciaire, dont l'une en mai dernier. La procureure a requis cinq mois de prison ferme avec mandat de dépôt ainsi qu'une reconnaissance de l'état de récidive légale. Elle a insisté sur la récurrence des faits : « Il va recommencer. Il n'y a pas d'autre solution que la prison ferme, la pédagogie ne fonctionne plus. »

La défense plaide pour une obligation de soins

L'avocate de la défense a plaidé que « c'est sa précarité médicale le nœud du problème » et a souligné l'inutilité de l'incarcération pour son client, qui cherche à travailler en cuisine. Elle a demandé de ne pas « lui couper les ailes » et de mettre en place une obligation de soins. Elle a également évoqué des alternatives à la prison, comme un sursis probatoire renforcé, un stage ou un travail d'intérêt général, auquel l'intéressé se dit ouvert.

La récidive légale a été retenue pour les deux faits de juillet. En revanche, une nullité de procédure a été prononcée pour les faits de Lattes, car le curateur n'avait pas été prévenu, ce qui l'a empêché d'exercer les droits du majeur protégé.

Une condamnation avec bracelet électronique

Le tribunal a condamné l'homme à cinq mois de prison aménageable avec bracelet électronique à domicile. Il devra verser 30 euros de préjudice matériel et 30 euros de préjudice moral à l'unique restaurant qui s'est constitué partie civile. Le tribunal s'est dit « démuni » face à cette situation, tout en soulignant la gravité des actes par leur réitération. Le juge a prévenu : « La prochaine fois, la case prison sera inévitable. »

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