Le Premier ministre Gabriel Attal a proposé ce dimanche 16 août 2026 l'organisation d'un référendum sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Cette annonce, faite lors d'un entretien accordé à La Tribune Dimanche, vise à répondre aux préoccupations croissantes concernant l'impact des plateformes numériques sur la santé mentale des adolescents.
Une proposition choc pour protéger la jeunesse
Gabriel Attal a déclaré : « Je suis favorable à ce que les Français soient consultés par référendum sur cette question essentielle pour l'avenir de nos enfants. » Il a souligné que l'usage des réseaux sociaux avant 15 ans présente des risques avérés pour le développement cognitif et émotionnel des jeunes, citant des études récentes qui montrent une corrélation entre l'exposition précoce et l'augmentation de l'anxiété et de la dépression.
Le chef du gouvernement a également précisé que cette mesure s'inscrirait dans une démarche plus large de régulation du numérique, comprenant notamment le renforcement des contrôles parentaux et la création d'un délit de non-respect de l'âge minimum.
Un débat qui divise la classe politique
Cette proposition a immédiatement suscité des réactions contrastées. Certains membres de la majorité ont salué une initiative « courageuse et nécessaire », tandis que des élus de l'opposition dénoncent une « manœuvre électorale » à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027. Des associations de défense des droits numériques, comme La Quadrature du Net, ont exprimé leur inquiétude quant à une mesure qui pourrait « stigmatiser les jeunes et entraver leur liberté d'expression ».
Le référendum, s'il aboutit, serait le premier du quinquennat. Selon un sondage Ifop réalisé en juillet 2026, 72 % des Français se disent favorables à une telle interdiction, un chiffre qui pourrait inciter le gouvernement à accélérer le processus.
Quelles modalités pour ce référendum ?
Interrogé sur les modalités pratiques, Gabriel Attal a indiqué que le référendum pourrait être organisé au printemps 2027, en même temps que l'élection présidentielle, afin de maximiser la participation. Il a également évoqué la possibilité d'une question unique et simple : « Êtes-vous favorable à l'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans ? »
Cette annonce intervient alors que plusieurs pays européens, comme l'Espagne et l'Allemagne, ont déjà adopté des législations similaires, mais aucune n'a encore été soumise à un vote populaire. La France pourrait ainsi devenir un pionnier en la matière.
Le gouvernement devra toutefois surmonter des obstacles juridiques, notamment la conformité avec le droit européen et la protection des données personnelles. Des experts en droit constitutionnel ont déjà souligné que l'âge minimum pourrait être jugé disproportionné au regard de la liberté d'expression garantie par la Convention européenne des droits de l'homme.
En attendant, le débat public est lancé. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si cette proposition aboutira à une consultation citoyenne, et si elle sera suivie d'effets concrets pour protéger la jeunesse française.



