Feu de Gonfaron : le photoreporter Camille Dodet se souvient
Feu de Gonfaron : le photoreporter Camille Dodet se souvient

En août 2021, le photojournaliste Camille Dodet, alors stagiaire à Var-matin, a couvert l'incendie de Gonfaron. Ce sinistre, qui a brûlé 6 832 hectares, est le plus important dans le Var depuis 1990. Cinq ans après, il se souvient de cette expérience marquante, entre traumatisme et devoir de mémoire.

Un baptême du feu pour le stagiaire

Camille Dodet, originaire de Cabasse, était en repos le lundi 16 août 2021 lorsque l'incendie s'est déclaré. En regardant le journal télévisé à 20 heures, il comprend la gravité de la situation. Il appelle son chef photo à Nice et son responsable dans le Var pour proposer son aide, mais on lui répond que ce n'est pas nécessaire. Vers 22 heures, il reçoit finalement un appel : il doit se rendre sur place. Son collègue lui dit : « Ça va durer plusieurs jours. »

Sur le chemin vers La Garde-Freinet, avec les pompiers, il réalise l'ampleur du sinistre. « Le bruit des flammes. Un bruit particulier, un souffle mêlé de crépitement, mais assourdissant. On ne s'entendait pas parler », se souvient-il. L'équipe doit faire demi-tour jusqu'au poste de commandement car le feu a déjà sauté de l'autre côté de la route. Le feu est incontrôlable.

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Une couverture intense et personnelle

Durant les cinq jours suivants, Camille Dodet travaille sans relâche. « On arrive le matin vers 8 heures, on rentre le soir vers 3 heures. Le temps de traiter les images, on dort peu ! » Les sorties avec les pompiers sont freinées pour des raisons de sécurité, après une grosse frayeur avec une équipe de journalistes. Il apprend aussi le décès de deux victimes.

Le secteur est celui de son enfance. « Je connais tous les coins où le feu brûle, j'y ai des souvenirs avec mes parents ou des amis. Le feu de Gonfaron a emporté ces souvenirs », confie-t-il. Malgré la difficulté, il essaie de trouver des angles différents, des portraits, des visages, avec un sens des responsabilités.

Une photo primée et exposée

Une image en particulier reste dans sa mémoire. Au bout d'une semaine, alors que le feu est maîtrisé, il documente les derniers instants de l'incendie. Il tombe sur des pompiers qui n'ont pas assez de longueur de lance pour attaquer des souches en flammes. Un sapeur-pompier ramasse alors une souche pour la ramener au camion. Cette photo lui a valu le prix du photojournalisme de Marseille, a été exposée sur la Canebière, puis aux Rencontres de la photographie d'Arles.

Pour Camille Dodet, aujourd'hui titulaire au sein de la rédaction de Var-matin, cette expérience reste un traumatisme. « J'ai appris, mais je garde surtout le souvenir d'une expérience marquante, entre les décès, les dégâts sur la forêt », conclut-il.

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