Feria de Béziers : des vétos remettent un rapport sur la souffrance du toro
Feria de Béziers : vétos anti-corrida remettent un rapport

Ce samedi 15 août, à 11 heures, Dorothée Aillerie, vétérinaire originaire de l'Yonne et représentante du Collectif des vétérinaires pour l'abolition de la corrida (Covac), a remis à la direction de l'office de tourisme Béziers Méditerranée un rapport scientifique intitulé « La corrida chuchotée, un éclairage vétérinaire pour une information complète, armes utilisées et lésions infligées au taureau de corrida ». Ce document vise à combler une lacune : l'audioguide « La corrida chuchotée », proposé par l'office de tourisme aux spectateurs novices pour 70 euros (prix incluant la place de corrida), ne mentionne pas la souffrance animale.

Une expertise scientifique pour dénoncer une absence d'information

Le Covac, créé en 2010, regroupe 2 800 vétérinaires. Sa mission, comme l'explique Dorothée Aillerie, est d'« apporter une expertise scientifique et médicale sur ce que subit le toro dans les arènes ». Elle précise : « Nous n'organisons aucune manifestation. Aujourd'hui, je remets notre rapport au directeur de l'office de tourisme car dans La corrida chuchotée, qui se veut pédagogique, on ne parle pas de souffrance animale. C'est une absence d'information que nous dénonçons. »

La vétérinaire insiste sur le fait que « la science permet d'affirmer que les mammifères souffrent. Ils possèdent une anatomie et un système nerveux qui leur permettent de ressentir la douleur. Une information réelle doit être complète. Le toro souffre dans l'arène, l'aficionado doit le savoir. »

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Pique, banderillas, épée et puntilla : des armes qui provoquent lésions et souffrances

Dorothée Aillerie détaille les effets des différentes armes utilisées pendant la lidia. « Prenons par exemple la pique. L'objectif, c'est de sectionner la grosse masse musculaire du morrillo (le haut du cou) pour que le toro puisse moins tourner la tête et moins la relever et donc, que ce soit moins dangereux pour le matador. De plus, elle affaiblit l'animal à cause des hémorragies. En ce qui concerne les banderillas, leur fonction est de provoquer des douleurs afin que le toro reste réactif. »

Elle poursuit : « Quant à l'épée, pour l'estocade, elle est censée tuer l'animal. Mais les ratés sont très nombreux. Le matador utilise alors la puntilla. Les gens croient que c'est pour l'achever. Mais scientifiquement, la puntilla, qui est là pour sectionner la moelle épinière, provoque la paralysie des muscles qui engendre la mort par asphyxie sur un animal toujours conscient. La puntilla, c'est d'ailleurs l'ancienne méthode utilisée dans les abattoirs aujourd'hui interdite dans l'Union européenne. »

Des signes de souffrance difficiles à déceler chez le toro

Pour un non-initié, la souffrance du toro n'est pas toujours évidente. Dorothée Aillerie reconnaît : « Oui, pour un chien, c'est facile de voir qu'il souffre, mais, chez le toro, les signes sont frustes. Par exemple, il abaisse les oreilles, son blanc des yeux est différent… » Elle cite le professeur Yves Lignereux, de l'École nationale vétérinaire de Toulouse : « Les aficionados ne doivent pas se convaincre de l'idée que le toro ne souffre pas dans l'arène, ni s'abriter derrière elle pour se dédouaner moralement des souffrances infligées au toro, même occultées par le bruit et le mouvement. »

La vétérinaire se dit « révoltée » de savoir « qu'une tradition permet de dépénaliser l'action de faire souffrir un animal. Les sévices graves avec actes de cruauté sont punis par la loi française, ne l'oublions pas ! Et notre mission est de soigner. » Le Covac étudie actuellement la possibilité d'envoyer un représentant dans toutes les manifestations anti-corrida qui se tiennent sur le sol français.

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