Une femme de 41 ans, Sabrina C., a été tuée par balle jeudi matin à son domicile de Champforgeuil, en Saône-et-Loire, alors qu'elle était en ligne avec la police, ont appris 20 Minutes de sources policière et judiciaire. Le drame s'est produit vers 8 heures dans une maison en impasse. Au téléphone avec le 17, la victime a hurlé que son ex-compagnon arrivait. Les fonctionnaires ont entendu des bruits d'arme à feu avant que la communication ne soit coupée. Un voisin, alerté par les tirs, a également composé le 17 après avoir vu le suspect s'enfuir. À l'arrivée des policiers vers 8h40, Sabrina C. était déjà décédée, touchée à la tête par au moins un tir de fusil.
Une personnalité connue localement
Sabrina C., mère de deux fils, était une figure active de Champforgeuil (environ 4 000 habitants). Mariée en 2011, elle s'était lancée comme coach de vie, médium et énergéticienne. Elle avait organisé le Salon du Bien-Être de la commune en 2024. Sur son site, elle expliquait vouloir « aider les gens à reprendre le contrôle de leur vie ». Une voisine, interrogée par 20 Minutes, a déclaré : « Je n'ai appris que dans la soirée ce qui s'était réellement passé », précisant ne pas connaître la victime.
Le suspect se constitue prisonnier
Le suspect, Patrice L., 59 ans, habitant de Chalon-sur-Saône, s'est présenté au commissariat juste après le crime. Une enquête pour assassinat a été ouverte, confiée à la police de Chalon-sur-Saône. Cependant, la procédure a été interrompue quelques heures plus tard : le parquet de Chalon-sur-Saône a indiqué que « son état mental a été jugé incompatible avec la garde à vue par un médecin. L'homme a été placé en hôpital psychiatrique et n'a pas encore pu être entendu. »
Préméditation suspectée
Selon une source policière, le suspect est bien l'ex-compagnon de la victime, mais le parquet reste prudent : « La nature exacte de leur relation passée et le mobile ne sont pas encore clairement définis. Comme il ne peut pas s'expliquer, le suspect n'est pas auditionnable. » Le quinquagénaire était « connu de la justice pour des faits anciens », mais sans antécédent de violences conjugales. La qualification d'assassinat suggère une préméditation, l'homme s'étant déplacé avec un fusil. Selon Le Journal de Saône-et-Loire, les forces de l'ordre s'étaient déjà déplacées à cette adresse la veille.
Réactions politiques
La sénatrice communiste Paulette Matray a dénoncé sur les réseaux sociaux « un féminicide de trop », refusant le « silence résigné ». Elle a appelé à soutenir une proposition de loi transpartisane contre les violences sexistes. La municipalité de Champforgeuil n'a pas souhaité s'exprimer.



