Faux conseillers bancaires condamnés jusqu'à six ans de prison
Faux conseillers bancaires condamnés à six ans de prison

Ils ont dérobé plus de 740 000 euros à 148 victimes, souvent âgées, entre 2022 et 2023. De faux conseillers bancaires ont été condamnés, mercredi, à des peines allant jusqu'à six ans d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris.

La peine la plus lourde pour le "padrino"

La condamnation la plus lourde a été prononcée à l'encontre de Mounir Outachfine, surnommé « padrino » ( « parrain » en italien). Il contrôlait les opérations via la messagerie Telegram, vraisemblablement depuis le Maroc. Absent aux audiences, l'escroc fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

Les autres condamnés

Huit des dix autres prévenus ont été reconnus coupables d'escroquerie en bande organisée et ont été condamnés à des peines allant de six mois à quatre ans d'emprisonnement, presque toutes assorties de sursis simple. Standardistes, coursiers, acheteurs, receleurs ou chauffeurs : ces petites mains jouaient chacune leur rôle dans cette escroquerie bien huilée. Le tribunal a également condamné certains des prévenus, selon leur degré d'implication, à indemniser les victimes et à leur verser des intérêts.

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Le mode opératoire de l'arnaque

L'arnaque suivait le même mode opératoire : les victimes recevaient d'abord un SMS les alertant d'un prétendu achat frauduleux à partir de leur carte bancaire et leur demandant de contacter un numéro de téléphone commençant par 01. Ceux qui avaient le malheur d'appeler tombaient sur un faux agent du service des fraudes de leur banque, qui les gardait en ligne, parfois pendant plusieurs heures, et les persuadait de découper leur carte bancaire en deux, puis de la placer dans une enveloppe. Les victimes étaient manipulées pour révéler leur code confidentiel.

La plupart du temps, l'arnaque avait lieu lorsque les banques étaient fermées, les empêchant de contacter leurs véritables conseillers. Elles ignoraient aussi que leur carte était toujours opérationnelle, puisque la puce était épargnée. Un faux coursier était alors dépêché à leur domicile pour récupérer l'enveloppe et la remettre à un « acheteur » qui vidait les comptes via des retraits aux distributeurs ou en achetant dans des grandes enseignes.

La responsabilité des banques en question

Selon le Code monétaire et financier, la banque est tenue de rembourser son client en cas d'opération non autorisée, à moins qu'elle ne prouve une négligence grave. Mais la plupart des victimes, qui ont communiqué leurs codes sans être menacées physiquement, ont déploré le manque d'accompagnement des banques.

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