Bernard Chotard, un retraité de 64 ans, a été exproprié de sa maison à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) en raison de l'état négligé de son terrain, conséquence d'une dépression consécutive à son divorce. L'homme se retrouve aujourd'hui sans domicile fixe, après une procédure judiciaire qui a abouti à son expulsion.
Une dégradation progressive après le divorce
Ancien professeur, Bernard Chotard avait acquis ce pavillon en 1983. Après sa séparation d'avec son épouse en 2016, il a sombré dans une dépression qui l'a peu à peu empêché d'entretenir sa propriété. Les mauvaises herbes ont envahi le jardin, suscitant des plaintes du voisinage dès 2019. La mairie, sous pression, a alors engagé une procédure d'expropriation, votée en conseil municipal début décembre.
Une prise de conscience tardive
M. Chotard n'a pas réagi immédiatement. Ce n'est qu'à l'été 2024, lorsqu'il a commencé à aller mieux, qu'il a entrepris de nettoyer son terrain pendant quelques jours. Mais il était trop tard : au printemps 2024, la préfecture de Seine-Maritime avait déjà prononcé une déclaration d'utilité publique pour l'achat de la parcelle par la Ville, en vue d'une réhabilitation à intérêt social. Le tribunal de Rouen a confirmé l'expulsion, laissant le retraité sans logement.
“Il ne faut juste pas être malade à Sotteville, c'est tout”, a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux, soulignant le caractère invalidant de sa maladie. Cette affaire soulève des questions sur la prise en compte des problèmes de santé mentale dans les procédures d'expropriation.



