Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné, le 1er septembre, un homme de 45 ans à huit mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt pour une exhibition sexuelle commise dans la nuit du 22 au 23 août devant une boîte de nuit à La Garde (Var). Le prévenu, déjà condamné à trois reprises pour des faits similaires, a été interpellé à son domicile peu après les faits.
Une sortie festive gâchée par une exhibition
Ce devait être une sortie festive entre filles, l’une des dernières virées nocturnes avant la reprise des cours. Mais l’insouciance de cette fin d’été a été balayée par une exhibition sexuelle dont les trois jeunes victimes se seraient bien passées. Alors qu’elles quittaient l’établissement de nuit, le groupe de copines a aperçu un individu posté face à elles, assis dans sa voiture, en train de se masturber en les fixant.
Les trois amies ont eu le réflexe d’alerter la sécurité, qui a prévenu la police. Entre-temps, l’homme avait quitté les lieux. Il a été interpellé peu de temps après à son domicile, où une paire de jumelles dotée d’une vision thermique a été retrouvée dans sa chambre.
Un casier judiciaire chargé et un bracelet cassé
Le quadragénaire, dont le casier judiciaire fait état de onze mentions, a déjà été condamné à trois reprises pour des faits d’exhibition sexuelle. Autoentrepreneur, il était sous surveillance électronique depuis une condamnation pour conduite sans permis et sous stupéfiants. Du moins, il était censé l’être : son bracelet, usé, s’était cassé quelques heures avant qu’il ne prenne le chemin de la boîte de nuit.
Pour se justifier, il a déclaré qu’il s’agissait pour lui « de vérifier si ses pulsions étaient passées car il compte s’installer avec une fille ». Son avocat, Me Philippe Comani, a détaillé : « Il y a plusieurs années, mon client a eu un grave accident dont il a gardé des séquelles, celles-ci entraînant des comportements sexuels dont certaines pulsions. » Selon la défense, la place de cet homme « n’est pas en détention » : « Ce dont il a besoin, c’est de soins. Il faut prendre en compte sa situation médicale atypique. De plus, c’est un homme actif, qui a essayé de se réinsérer. »
Les victimes entre peur et dégoût
Des arguments contrés par Me Benoît Pecorino, conseil des trois victimes : « Il s’agit d’un comportement détestable, qui met nos compagnes, sœurs, amies et cousines dans un sentiment d’insécurité lorsqu’elles sortent dans la rue. » L’avocat a tenu à rappeler le choc subi par ses jeunes clientes : « Elles vont mettre du temps à s’en remettre, elles sont partagées entre la peur et le dégoût. En tant que femme, c’est compliqué de vivre dans une société où on ne fait de mal à personne et de se retrouver confrontée à ça. »
Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné le prévenu à huit mois d’emprisonnement, avec mandat de dépôt.



