Ce lundi 21 septembre, l’hôpital de Béziers a organisé un exercice de situation sanitaire exceptionnelle (SSE) simulant une attaque chimique aux halles de La Devèze. Pendant près de quatre heures, 43 soignants du centre hospitalier biterrois ont été mobilisés, tandis que 40 étudiants de l’Institut de formation des métiers de la santé (IFMS) de Béziers ont joué le rôle de patients, également appelés « plastrons » dans le jargon. Une centaine de personnes ont participé à cette simulation, dont six animateurs et plusieurs observateurs chargés de lancer les étapes et de noter les points à améliorer.
Une simulation réaliste avec des patients maquillés
Dès 9 heures du matin, les équipes des urgences ont été alertées par l’arrivée d’un ambulancier, puis d’une jeune femme paniquée signalant « plein de gens allongés dans les halles de La Devèze ». La médecin de garde, Élodie, a confirmé après un appel avec le centre 15 : « On est sur une attaque chimique aux halles de La Devèze, il y aurait 50 personnes avec enfants et femme enceinte. » Les soignants ont alors monté l’unité de décontamination hospitalière (UDH) à l’extérieur de l’établissement, tandis que le plan blanc était activé en interne avec une cellule de crise.
Les étudiants, maquillés avec des plaies et munis de fiches de rôle, ont interprété des symptômes variés, allant du simple mal de tête aux convulsions. Une étudiante jouant une femme enceinte paniquée a confié : « Pour nous aussi, c’est intéressant. Ça nous apporte d’être victimes pour voir l’importance de rassurer les gens. » Les soignants, eux, ont dû enfiler des combinaisons de protection hermétiques avec masques à oxygène, portées pendant 30 à 40 minutes avant la relève.
Un parcours de décontamination complet
À leur arrivée, les patients étaient triés par un médecin en urgence relative ou absolue. Après avoir retiré leurs vêtements contaminés, ils passaient par des douches de décontamination, où six soignants étaient dédiés aux patients non-valides allongés sur brancard. Les vêtements étaient découpés, le corps frotté et rincé, puis les patients revêtus d’un pyjama vert avant d’être admis à l’hôpital. L’exercice a permis de tester la coordination de plusieurs dizaines de personnes, comme l’a souligné le docteur Magdalena : « C’est très bien parce que ça permet d’apprendre beaucoup de choses et de se rendre compte de certains aspects très difficiles. Par exemple, avec les gants, j’ai pris un temps fou à ouvrir un sachet plastique. »
Le personnel a également dû gérer la communication avec les victimes, un point jugé crucial. « Il ne faut pas oublier les victimes, il faut tout leur expliquer et les rassurer, car ça doit être affreux de voir des gens en combinaison face à soi », a ajouté la médecin. Interrogée sur la peur d’un tel événement réel, elle a répondu : « On est dans notre monde quand ça se passe. Mais aucun de nous ne dira qu’il n’ira pas parce qu’il a trop peur. On ira, quoi qu’il arrive. »
Un exercice qui implique aussi les médias
Midi Libre a participé à l’exercice en tant que patient, avec pour consigne de simuler des convulsions lors de la décontamination. Après avoir été trié en urgence relative, le journaliste a été pris en charge immédiatement par cinq soignants lorsqu’il a commencé à convulser. Une voie centrale et une perfusion ont été virtuellement posées, puis il a été transporté dans l’UDH pour non-valides, où Mélanie l’a rassuré : « Tout va bien se passer monsieur, on va découper vos vêtements et puis vous allez prendre une petite douche, comme à la maison ! » Six soignants étaient dédiés à cette décontamination.
Cet exercice, préparé depuis plusieurs mois par le personnel, visait à identifier les lacunes du protocole. Selon les études mentionnées lors de la simulation, près de 90 % de l’agent infectieux est retenu par les vêtements, soulignant l’importance de la décontamination. Si une telle catastrophe survenait à Béziers, l’hôpital serait prêt à y faire face.



