Régularisation des sans-papiers en Espagne : le patronat soulagé, la droite exaspérée
Espagne : régularisation des sans-papiers, le patronat soulagé

Le gouvernement espagnol a annoncé une mesure choc : la régularisation massive de 300 000 sans-papiers par an. Cette décision, qui vise à répondre aux besoins du marché du travail et à lutter contre l'économie souterraine, suscite des réactions contrastées. D'un côté, le patronat espagnol se dit soulagé, voyant dans cette mesure une opportunité de sortir de l'ombre des travailleurs essentiels à l'économie. De l'autre, la droite et l'extrême droite dénoncent un appel d'air migratoire et une menace pour la sécurité.

Une mesure économique avant tout

Pour le gouvernement de Pedro Sánchez, cette régularisation est avant tout une réponse à une réalité économique. L'Espagne a besoin de main-d'œuvre dans des secteurs comme l'agriculture, le bâtiment ou les services. Les sans-papiers, souvent employés au noir, représentent une part non négligeable de l'activité. En les régularisant, l'exécutif espère augmenter les recettes fiscales et améliorer les conditions de travail.

Le patronat, par la voix de la CEOE (Confédération espagnole des organisations d'entreprises), a salué une décision pragmatique. "C'est une bouffée d'oxygène pour les entreprises qui peinent à recruter", a déclaré un porte-parole. Les syndicats, de leur côté, restent prudents, insistant sur la nécessité de garantir les droits des travailleurs régularisés.

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La droite dénonce un "appel d'air"

À droite, le Parti populaire (PP) et Vox crient au scandale. Pour eux, cette régularisation massive est une prime à l'immigration illégale et un danger pour la sécurité. "Le gouvernement ouvre les vannes à l'immigration clandestine", a tweeté un député du PP. Vox, plus virulent, parle de "trahison" et promet de saisir la justice européenne.

Les critiques portent aussi sur le coût de la mesure. Selon des estimations, la régularisation pourrait coûter plusieurs milliards d'euros en prestations sociales. Le gouvernement rétorque que les bénéfices économiques, via les cotisations et impôts, seront supérieurs.

Un précédent en France ?

Cette décision espagnole relance le débat en France, où des associations appellent à une régularisation massive. Le gouvernement français, par la voix du ministre de l'Intérieur, a exclu toute mesure similaire, invoquant la nécessité de maîtriser les flux migratoires. Cependant, des voix au sein de la majorité s'interrogent sur l'efficacité des régularisations au cas par cas.

En Espagne, le processus sera progressif. Les candidats à la régularisation devront justifier d'une présence continue sur le territoire et d'un contrat de travail. Une mesure qui, selon le gouvernement, permettra de sortir de l'ombre des milliers de travailleurs tout en répondant aux besoins de l'économie.

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