Boualem Sansal annonce son départ de France
« La France, c’est fini pour moi. Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays. Puis, je me tire. » C’est par ces mots prononcés au micro de TF1 que l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a révélé son intention de quitter l’Hexagone. Cette déclaration intervient en marge de son entrée à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
Incarcéré en Algérie pendant une année, l’écrivain a retrouvé la liberté en novembre dernier, gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune à la demande de l’Allemagne. L’octogénaire suit actuellement un traitement médical en région parisienne pour plusieurs pathologies lourdes. Cependant, il a confié à l’AFP : « Je déteste Paris, je ne pense pas que je vais rester en France. »
Polémique autour de son arrivée chez Grasset
L’auteur est également revenu sur la controverse qui a entouré son arrivée chez Grasset, une maison d’édition contrôlée par le groupe Hachette de Vincent Bolloré. Boualem Sansal a affirmé refuser toute instrumentalisation politique et toute association avec le milliardaire conservateur. « Bolloré, je ne l’ai jamais rencontré, je ne connais pas ce Monsieur. Il n’a pas besoin de moi, je n’ai pas besoin de lui », a-t-il martelé.
Son arrivée a coïncidé avec le départ du PDG de Grasset, Olivier Nora, considéré par de nombreux auteurs comme un « licenciement » décidé par Vincent Bolloré. Les deux dirigeants étaient en désaccord sur la date de publication du prochain livre de Sansal, finalement avancée à juin. Ce départ a provoqué une fronde inédite dans le monde de l’édition, marquée par le départ de plusieurs signatures connues de Grasset et un appel largement relayé pour étendre à ce secteur une « clause de conscience », similaire à celle existant pour les journalistes.
Une « cabale » contre lui
« Pourquoi avant mon arrivée chez Grasset personne n’a dit "les gens qui sont chez Grasset sont chez Bolloré"… J’arrive moi et on dit "ah il est chez Bolloré" », a protesté l’écrivain, y voyant « une cabale » visant à le décrédibiliser. Le mois dernier, il avait quitté son éditeur historique Gallimard.
La parution de La Légende, livre dans lequel il raconte sa détention, est prévue le 2 juin, selon Grasset. Vendredi, Boualem Sansal a laissé entendre qu’il y revient sur sa brouille avec Gallimard, due à des stratégies divergentes durant son emprisonnement. Il aurait souhaité être défendu en résistant, en « homme libre », affirme-t-il. « Je ne suis pas une marchandise dont on négocie la peau. »



