Le président de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, le député Jérémie Patrier-Letus (Horizons), a appelé samedi ses membres « à la plus grande retenue » avant le vote de lundi sur le rapport issu des travaux.
Un « devoir de réserve »
« J’appelle chaque membre de la commission d’enquête au respect absolu des règles et à la plus grande retenue d’ici la réunion prévue lundi […] qui doit pouvoir se dérouler dans un cadre serein et digne », a-t-il écrit dans un communiqué, évoquant un « devoir de réserve » des députés concernés avant le vote.
Il a directement visé le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR), disant regretter ses « interventions médiatiques » et sa participation samedi à une réunion publique à l’Assemblée nationale consacrée à France Télévisions. Plusieurs mesures préconisées par Charles Alloncle ont été évoquées vendredi dans la presse, dont la suppression de la chaîne jeunesse France 4 et de la radio Mouv', ainsi qu’une fusion de France 2 et France 5.
Économies et nominations en jeu
Outre des mesures d’économies, qui viseraient à dégager plus d’un milliard d’euros, soit un quart des crédits alloués par l’État à l’audiovisuel public, l’élu du parti d’Éric Ciotti propose de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et avis « conforme » de l’Arcom, le régulateur, a appris l’AFP de sources proches de la commission.
Le rapport et ses préconisations doivent être soumis au vote des 30 députés membres de la commission d’enquête lundi, après plus de quatre mois de travaux sous haute tension. Un vote favorable est nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard. Un vote négatif est rarissime, mais les tensions qui ont émaillé les travaux et les premières réactions des parlementaires aux conclusions écrites de Charles Alloncle, consultées à huis clos jeudi et vendredi par ses collègues, rendent tout pronostic délicat.



