Le 25 avril 1961, à Reggane en Algérie, la France a procédé à son quatrième essai nucléaire, après les "Gerboises bleue", "blanche" et "rouge". Cet essai portait le nom de code "Gerboise verte". Soixante-cinq ans plus tard, retour sur un événement marqué par des circonstances rocambolesques.
Un essai nucléaire dans l'urgence
Le général de Gaulle, convaincu que "la France ne serait pas la France sans la grandeur", avait décidé à la fin des années 1950 de doter le pays d'un programme nucléaire indépendant. Mais derrière la grande histoire se cachent des aventures moins glorieuses. C'est le cas de l'explosion de la "Gerboise verte", nom inspiré d'un petit rongeur, qui fut réalisée dans des conditions précipitées.
Deux jours plus tôt, la ville d'Alger était secouée par le putsch des généraux. Face à cette tentative de coup d'État, l'armée française décida de procéder à l'explosion de cette bombe A au plutonium de peur qu'elle ne tombe entre les mains des putschistes. Peu importe si les conditions météorologiques n'étaient pas réunies : l'engin fut transporté en urgence depuis la capitale jusqu'au lieu de tir.
La légende de la 2CV
La légende a longtemps couru que ce parcours de 1 500 kilomètres avait été effectué en 2CV. L'excellente série "Au service de la France", écrite par Jean-François Halin, consacre d'ailleurs un épisode à ce soi-disant périple. En réalité, seule la charge de plutonium a été transportée ainsi sur les 50 derniers kilomètres.
La bombe explosa ensuite au beau milieu d'une tempête de sable et sous une chaleur accablante, rendant cet essai nucléaire totalement inutile du point de vue scientifique et militaire. Mais pas sans impact sanitaire et environnemental. De là à croire que le nucléaire ferait prendre des décisions précipitées, voire totalement inconsidérées...



