Le Centre national de gestion (CNG) de la fonction publique hospitalière a formellement démenti, lundi, les soupçons de fraude aux épreuves classantes de médecine (ECOS), après la diffusion d'une lettre anonyme sur les réseaux sociaux. L'organisme affirme qu'aucun écart significatif n'a été détecté dans les résultats, tandis que l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) demande la poursuite des investigations.
Une lettre anonyme de 18 pages accusant une tricherie organisée
La lettre, publiée sur des comptes suivis par des étudiants en médecine, affirme que des candidats ont eu accès aux sujets, aux réponses ou aux grilles de correction avant les épreuves. Son auteur, qui dit avoir lui-même bénéficié de ces informations, prétend avoir obtenu un classement « exceptionnel ». Le document de 18 pages diffuse également ce qui est présenté comme les sujets des épreuves et leurs grilles de correction.
Face à la gravité des accusations, le CNG a mené une analyse approfondie des résultats et de l'évolution des classements sur les sessions 2024, 2025 et 2026. L'organisme assure que la transmission des documents aux unités de formation et de recherche (UFR) de médecine « s'est faite dans le strict respect du cahier des charges défini et sans incidents reportés ».
Des analyses statistiques qui ne montrent « aucun écart significatif »
Selon le CNG, cette analyse ne fait apparaître « aucunement des écarts significatifs permettant de mettre en évidence une fraude caractérisée ». L'organisme dément notamment l'affirmation selon laquelle « des centaines d'étudiants » auraient gagné 4.000, 5.000 ou 6.000 places. Moins de 2 % des candidats auraient progressé de plus de 2.000 places après les épreuves orales, précise-t-il.
Ces chiffres contredisent directement les allégations de la lettre anonyme, mais ne suffisent pas à rassurer les étudiants. L'ANEMF, qui représente les étudiants en médecine, estime que les analyses du CNG rendent certaines accusations « moins probables », mais ne répondent pas à l'ensemble des griefs soulevés.
L'ANEMF réclame des investigations complémentaires
« À ce stade, il n'y a aucun moyen de prouver la véracité de cette lettre », a déclaré Thibault Patey, président de l'ANEMF, tout en ajoutant qu'« on prend ça au sérieux » compte tenu des éléments publiés. L'association demande donc des investigations complémentaires et des garanties pour les prochaines épreuves nationales.
Mis en place pour la première fois en 2024, les ECOS ont été passés cette année par plus de 10.500 étudiants. L'enjeu est crucial pour eux, car ces épreuves conditionnent leur classement et donc leur choix de spécialité et de ville d'affectation. Les prochaines épreuves devront se dérouler dans des conditions irréprochables pour préserver la confiance des candidats et l'intégrité du concours.



