Un détenu commandite depuis sa cellule l'incendie d'une voiture et d'une maison à Bordeaux
Détenu commandite incendie à Bordeaux via des mineurs

Un scénario digne d'un polar orchestré depuis une cellule

Depuis le centre pénitentiaire d'Aix-Luynes dans les Bouches-du-Rhône, un détenu a mis en place un plan criminel sophistiqué. Il a contacté un jeune Lormontais via l'application Snapchat avec une mission précise : mettre le feu à la voiture de son oncle et à la maison de sa tante, toutes deux situées à Bordeaux. Pour mener à bien ce contrat, le mineur a embarqué un copain dans l'aventure, créant ainsi une association de malfaiteurs improvisée.

Deux adolescents interpellés après quarante-huit heures de garde à vue

Les deux Lormontais, âgés respectivement de 15 et 16 ans, viennent de passer deux jours en garde à vue dans les locaux de la Division de la criminalité territoriale au commissariat central de Bordeaux. Ils sont mis en cause pour plusieurs chefs d'accusation graves :

  • Participation à une association de malfaiteurs
  • Tentative de vol avec arme
  • Destruction du bien d'autrui par moyens dangereux pour les personnes
  • Agressions et extorsion d'argent

Les deux adolescents seront déférés ce jeudi 26 mars devant un magistrat du parquet des mineurs, marquant une étape cruciale dans cette affaire judiciaire complexe.

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Le déroulement méticuleux d'une nuit criminelle

L'affaire remonte à la nuit du 1er au 2 septembre 2025. Vers 23h30, un chauffeur VTC reçoit un appel pour une course à Lormont. Le prétexte : prendre en charge deux clients dont le scooter serait en panne. En réalité, cette course dissimulait une mission criminelle préparée de longue main.

Le détenu avait promis 1 500 euros au mineur principal pour l'exécution du contrat, tandis que son complice devait empocher 250 euros. À la station-service, le chauffeur remplit deux bouteilles d'essence avant de se diriger vers le quartier de la Benauge aux alentours de 2 heures du matin.

Guidés à distance depuis la prison

Pendant toute l'opération, les adolescents maintiennent une communication téléphonique avec le détenu qui les guide pas à pas vers leurs cibles. Arrivés devant le véhicule de l'oncle stationné dans la rue, ils brisent une vitre, aspergent l'habitacle d'essence et y mettent le feu. Quelques minutes plus tard, ils répètent l'opération sur la porte du garage de la maison de la tante, située à proximité du Jardin botanique de Bordeaux.

Le retour mouvementé et l'agression du chauffeur VTC

Après avoir accompli leur mission, le VTC ramène les deux jeunes à Lormont, cité Carriet, où ils doivent percevoir leur rémunération. Mais personne ne se présente au rendez-vous. Frustrés et probablement paniqués, les adolescents se retournent alors contre le chauffeur.

Ils le rouent de coups de poing et le menacent avec une matraque, l'obligeant à se rendre à un distributeur de billets où il retire 500 euros. Le chauffeur parvient finalement à échapper à leur vigilance et alerte immédiatement la police. Lui aussi vient de passer quarante-huit heures en garde à vue, soupçonné de complicité à l'issue des investigations approfondies menées par les services de police.

Une affaire qui soulève de nombreuses questions

Cette affaire met en lumière plusieurs problématiques contemporaines :

  1. L'utilisation des réseaux sociaux et applications de messagerie pour organiser des activités criminelles
  2. La vulnérabilité des mineurs face au recrutement par des délinquants expérimentés
  3. Les défis posés par le maintien des communications entre détenus et l'extérieur
  4. La complexité des enquêtes impliquant des chaînes de complicité multiples

Les enquêteurs de la brigade des atteintes aux biens continuent leurs investigations pour déterminer l'ensemble des responsabilités dans cette affaire qui rappelle les scénarios les plus sombres des polars contemporains.

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