Quatre Charentais-Maritimes bloqués à la frontière marocaine pour usage de drones interdits
En mars 2023, une mésaventure inattendue a frappé quatre résidents de Charente-Maritime lors de leur retour de vacances au Maroc. Deolinda de Barros, David Baetens, Fabien Roman et Lionel Prat, partis le 2 mars pour un séjour axé sur le 4x4 dans les dunes du Sahara au sud de Ouarzazate, ont vu leur retour en France, prévu le 13 mars, tourner au cauchemar à la douane de Ceuta.
Une interdiction méconnue des drones au Maroc
Les quatre amis ignoraient totalement que les drones sont strictement interdits au Maroc, une mesure visant à limiter les risques sécuritaires et les atteintes à la propriété privée. Fabien Roman, 35 ans, commerçant dans l'import à Breuil-Magné, et David Baetens, 49 ans, chef d'entreprise domicilié à La Vallée, avaient emporté deux drones pour immortaliser leur raid dans le désert. Or, sans déclaration à l'entrée du pays et avec une utilisation pendant le séjour, ces engins sont systématiquement confisqués au retour, exposant les contrevenants à des amendes, des arrestations et la perte de l'équipement.
Alors que d'autres membres de leur groupe, venus d'Ardèche, Toulouse et La Rochelle, ont passé la douane sans encombre le 13 mars, les quatre Charentais-Maritimes sont restés coincés avec leurs deux 4x4. « D'emblée, on nous a demandé 'où sont les drones ?', puis 'c'est toi le Français qui parle un peu arabe ?'. Je tombais des nues. J'ai voyagé dans le monde avec mon drone, je n'ai jamais eu de problème », raconte Fabien Roman, qui soupçonne une dénonciation par leurs guides locaux.
Une expérience traumatisante à la frontière
La situation a rapidement dégénéré, avec une fouille complète des véhicules, la saisie des drones, des cartes grises, des passeports et des téléphones. « On se serait cru dans une série télévisée, on nous prenait pour des espions », confie Fabien Roman. S'ensuit une véritable galère : des allers-retours entre douanes et police, une nuit passée sur le sol d'un commissariat sans nourriture ni eau, et un voyage en taxi jusqu'à Tétouan, à 40 kilomètres de la frontière, pour des démarches administratives.
Pendant cette période, l'inquiétude était palpable. « On ne savait pas à quelle sauce on allait être mangé. On savait juste que les drones étaient analysés par la police scientifique et qu'on pouvait encore nous retenir car nous faisions l'objet d'une enquête », explique Fabien Roman. Le 14 mars, ils ont pu récupérer leurs téléphones et contacter leurs familles, mais la peur persistait malgré le fait qu'ils n'avaient filmé que quelques minutes en plein désert.
Une issue heureuse mais coûteuse
Le 15 mars, un soulagement est enfin venu : la police scientifique a conclu que les drones ne contenaient rien de suspect. Cependant, Fabien Roman et David Baetens ont écopé d'une amende de 150 euros chacun. En fin d'après-midi, ils ont récupéré leurs appareils, les 4x4 et tous leurs documents, espérant prendre le bateau pour la France ce soir-là, avec deux jours de retard sur leur planning initial.
Cette expérience a laissé des traces, les quatre amis n'ayant aucune envie de retourner au royaume chérifien. Ils se sont promis de mieux étudier les lois des pays qu'ils visitent à l'avenir, soulignant l'importance de se renseigner sur les réglementations locales avant de voyager avec des équipements sensibles.



