Un acte de vandalisme à forte connotation antisémite a été commis sur le site historique de l'ancien camp d'internement de Drancy, en Seine-Saint-Denis. Dans la nuit de mardi à mercredi, deux croix gammées de taille importante ont été taguées sur les murs extérieurs du bâtiment, aujourd'hui transformé en mémorial et en centre de documentation.
Un symbole nazi sur un lieu de mémoire
Les graffitis, réalisés avec de la peinture noire, mesurent environ un mètre de diamètre chacun. Ils ont été découverts tôt mercredi matin par le personnel du mémorial, qui a immédiatement alerté les autorités. La police municipale de Drancy et les services de la police nationale ont rapidement sécurisé les lieux et lancé une enquête.
Une enquête ouverte pour dégradations aggravées
Le parquet de Bobigny a confirmé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour dégradations aggravées et provocation à la haine raciale. Les investigations sont menées par la brigade de répression de la délinquance aux personnes. Les enquêteurs examinent actuellement les images des caméras de surveillance installées aux abords du site, dans l'espoir d'identifier les auteurs de cet acte.
Le maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, a fermement condamné cet acte, le qualifiant d'"insulte à la mémoire des victimes et à tous ceux qui se battent contre l'oubli". Il a également annoncé que la ville porterait plainte et se constituerait partie civile.
Un lieu chargé d'histoire
Le camp de Drancy a été le principal camp d'internement et de transit des Juifs de France vers les camps d'extermination nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre 1941 et 1944, plus de 63 000 Juifs, dont près de 11 000 enfants, y ont été détenus avant d'être déportés, principalement vers Auschwitz. Le site est aujourd'hui un lieu de mémoire national, géré par le Mémorial de la Shoah.
Des réactions indignées
La découverte de ces tags a provoqué une vague d'indignation parmi les associations de mémoire et les élus locaux. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, a dénoncé un "acte ignoble qui souille la mémoire des victimes de la Shoah". Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a ordonné une mobilisation totale des services de police pour retrouver les coupables.
Les services techniques de la ville de Drancy ont procédé à l'effacement des graffitis dans la journée de mercredi, afin de ne pas laisser ces symboles de haine visibles sur ce lieu de recueillement. Une cérémonie de recueillement est prévue ce week-end sur le site, à l'initiative d'associations de déportés et de résistants.



