Draguignan : un père de famille achète un 357 Magnum pour se défendre
Draguignan : un père de famille achète un 357 Magnum

Publicité Draguignan : il s'arme d’un 357 Magnum pour se défendre de mystérieux incendiaires

Un Dracénois, victime de deux incendies volontaires depuis le début de l’année, a décidé de se procurer une arme à feu de gros calibre « pour intimider ». Il a été condamné à six mois de détention à domicile sous surveillance électronique.

Draguignan n’est pas le Far-West et Kamel n’est pas un cow-boy. Mais ce père de famille dracénois a décidé, face à ce qu’il considère comme de « l’inaction de la part des forces de l’ordre », de se procurer un 357 Magnum. « Au cas où. » En totale illégalité.

« Je n’ai pas été pris au sérieux par les policiers »

« Le 1er janvier, alors que j’étais en Belgique chez mes beaux-parents, j’ai eu une alerte sur mon téléphone, raconte le quadragénaire à la barre du tribunal correctionnel de Draguignan. Mon parc auto était en feu. » Cinq véhicules seront détruits par les flammes. « J’ai déposé plainte, poursuit-il. J’avais des images de vidéo-surveillance où on voit un homme allumer le feu. Mais je n’ai pas été pris au sérieux par les policiers… » Quelques semaines plus tard, et par deux fois, des pierres seront jetées en direction des fenêtres de l’appartement de Kamel. « Puis on a mis le feu à un matelas qui se trouvait sur mon balcon. J’ai paniqué. »

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Acheté pour 1 000 euros dans une cité marseillaise

Pour 1 000 euros, il acquiert donc un revolver et six cartouches dans le quartier de la Castellane à Marseille. « Pour intimider. » Sans savoir – ou du moins le dire au tribunal – qui s’en prenait à lui. Sans imaginer que c’est lui, finalement, qui finira devant la justice, en comparution immédiate, pour « port d’arme de catégorie B sans autorisation ».

Le 31 mai, en fin de soirée, une patrouille de police aperçoit une Audi RS8 démarrer à leur approche. Un peu plus loin, les fonctionnaires voient un homme en sortir avec une taie d’oreiller en main, dissimulant un objet et prendre la direction d’un immeuble. « Les officiers ont dû sortir leurs armes et procéder à des injonctions pour que vous vous arrêtiez, soupire la présidente du tribunal. Vous imaginez bien qu’ils ne savaient pas ce que vous vous apprêtiez à faire… » – « Je rentrais chez moi après avoir fait un tour avec la voiture d’un ami, réplique le prévenu. Je venais de récupérer l’arme cachée sous mon véhicule pour la rentrer. Je ne suis pas un voyou. Moi, je suis dans le brouillard depuis janvier. On me vise, je suis traqué et je ne sais pas qui m’en veut. »

Un réflexe « imbécile »

En défense, Me Lionel Ferlaud fustige « le réflexe imbécile » de son client tout en soulignant que « depuis trois ans, de plus en plus de justiciables se plaignent de ne pas arriver à déposer plainte ». « Du fait du manque de moyens qui nous frappe tous, on en arrive à voir des gens avoir des comportements dignes du grand banditisme d’il y a trente ans, ajoute-t-il. Cela démontre bien l’échec de la politique pénale de notre société. »

« Il n’empêche que monsieur n’est pas un perdreau de l’année, réplique la procureure Stéphanie Félix. Ce n’est pas en se plaçant du côté obscur de la force qu’il va régler ses problèmes. » Kamel est finalement condamné à six mois de bracelet électronique et à une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Il ne sait toujours pas qui lui en veut.

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