Un parlementaire russe a trouvé une parade pour le moins inattendue face à la colère de ses administrés. Interpellé par une pétition de 3.000 habitants de Syzran (dans l'oblast de Samara) se plaignant de la collecte irrégulière des déchets, le député de la Douma d'État, Svyatoslav Gurevich, leur a conseillé d'« élargir leurs horizons géographiques » au lieu de protester.
« La situation est plus alarmante à Monaco »
Dans sa réponse, l'élu a dressé une comparaison surprenante avec Monaco, affirmant que la situation y était « bien plus alarmante ». Selon lui, les yachts des milliardaires y déversent leurs déchets en mer et les éboueurs y font grève quatre fois par an. « Et pourtant la principauté reste dynamique, attire les touristes et accueille la Formule 1. Vous devriez d'abord aller sur place voir l'ampleur des dégâts, et ensuite venir vous plaindre », a-t-il lancé.
Un outil d'« éducation morale »
Loin de promettre un nettoyage des cours d'immeubles, le parlementaire a invité la population à voir dans ces décharges sauvages un élément d'« éducation civique ». Selon lui, la vue des bennes débordantes apprend aux jeunes à surmonter les difficultés « plutôt qu'à fuir à l'étranger au premier problème ». Affirmant que la réforme de la gestion des déchets est « en plein essor », il a invité les impatients à suivre l'exemple de leurs ancêtres, qui « ont vécu des siècles sans vide-ordures » avec une grande résilience.
« Nous n'avons pas de service de collecte des ordures – ce n'est pas un problème, c'est une caractéristique du paysage national qu'il faut aborder avec compréhension », a souligné Svyatoslav Gurevich.
Des plaintes « incessantes »
Reprochant aux citoyens leurs récriminations continues, le député a conclu par une étrange consolation. Il a rappelé aux habitants que l'air local était déjà saturé de produits pétrochimiques, ce qui « met les poumons à rude épreuve », relativisant ainsi l'impact des seuls déchets ménagers.



