Dordogne : accord à 24 M€ pour solder le litige de la déviation de Beynac
Dordogne : 24 M€ pour solder le litige de la déviation

L'État et le conseil départemental de la Dordogne ont conclu un accord transactionnel prévoyant le versement d'environ 24 millions d'euros à la collectivité. Cet accord vise à solder le contentieux né de l'abandon forcé du projet de déviation de Beynac-et-Cazenac, l'un des villages les plus touristiques du département. Le protocole d'accord, validé ces derniers mois par les deux parties, met fin à une procédure engagée par le Département contre l'État. En échange de cette indemnisation, la collectivité s'engage à ne plus engager d'action contre lui dans ce dossier.

Un projet contesté dès 2018

L'affaire remonte à 2018. Cette année-là, le Conseil d'État suspend les travaux d'une déviation routière censée détourner le trafic automobile de Beynac-et-Cazenac, village dominé par sa forteresse médiévale. Autorisé par la préfecture, le projet est contesté par plusieurs associations en raison de son impact sur l'environnement et le patrimoine.

En 2019, la justice administrative juge l'arrêté préfectoral illégal et ordonne la démolition des premiers ouvrages déjà construits, notamment les piles d'un futur pont sur la Dordogne. Le Département conteste les décisions de justice mais échoue devant les juridictions supérieures. Il refuse également de se conformer aux injonctions de démolition et présente en 2022 un nouveau projet de contournement routier.

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Un dossier qui continue de coûter cher

Le conseil départemental est finalement condamné en 2023 à verser plusieurs centaines de milliers d'euros d'astreintes en raison de son inaction. La même année, il engage un recours indemnitaire contre l'État et réclame 36 millions d'euros. Le nouveau protocole d'accord fixe l'indemnisation à environ 24 millions d'euros. Mais le dossier est loin d'être totalement clos. Le nouveau projet de contournement, validé par la préfecture fin 2024, a lui aussi été annulé par le tribunal administratif fin 2025.

Le Département a fait appel et attend désormais la décision de la cour administrative d'appel de Bordeaux sur cette « boucle multimodale », qui inclut également une halte ferroviaire et des navettes électriques. Dans un rapport publié en février 2025, la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine avait pointé un « manque de prudence » dans la conduite du projet. Elle estimait alors que son coût total pourrait atteindre entre 41 et 63 millions d'euros, contre un budget initial de 37 millions.

Des oppositions toujours vives

Au-delà du règlement financier, l'avenir du projet de contournement reste suspendu aux prochaines décisions de justice. Le dossier continue de cristalliser les oppositions entre les partisans d'une amélioration de la circulation et les défenseurs du patrimoine et de l'environnement dans la vallée de la Dordogne. La décision de la cour administrative d'appel de Bordeaux est désormais attendue pour déterminer la suite du projet.

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