Christian Castro, un agent de l'ICE âgé de 52 ans et déjà suspendu, a été inculpé au niveau fédéral pour avoir fourni de fausses déclarations après une intervention survenue en janvier à Minneapolis. L'homme faisait déjà l'objet de poursuites dans le Minnesota pour agression et faux témoignage.
Cette inculpation est inhabituelle dans un contexte où l'administration Trump mène une politique migratoire particulièrement offensive. D'après plusieurs médias américains, l'acte d'accusation fédéral n'a toutefois pas encore été rendu public.
Une version des faits contredite par des vidéos
Les faits remontent au 14 janvier. Lors d'une opération visant un immigré vénézuélien présumé en situation irrégulière, des agents de l'ICE avaient ouvert le feu, blessant l'un des hommes poursuivis à la jambe. Dans un premier temps, le ministère de la Sécurité intérieure avait affirmé qu'un agent avait été attaqué avec une pelle à neige et un manche de balai et avait tiré pour protéger sa vie. Mais des images de vidéosurveillance ont ensuite contredit ce récit. Les poursuites engagées contre deux migrants vénézuéliens ont finalement été abandonnées.
Christian Castro est également recherché par la justice du Minnesota, qui a émis un mandat d'arrêt national. Le Texas, où il réside, a toutefois refusé jusqu'ici de le remettre aux autorités de cet État. Détenu pendant 90 jours, il a été libéré la semaine dernière sur décision d'un juge.
Un dossier devenu sensible
Le média d'investigation ProPublica rapporte par ailleurs qu'un procureur fédéral souhaitait engager contre lui des poursuites plus lourdes pour violation des droits fondamentaux. Une démarche qui se serait heurtée au refus du ministère de la Justice à Washington.
L'incident est survenu dans le cadre de l'opération « Metro Surge », une vaste campagne d'arrestations de migrants menée à Minneapolis entre fin décembre et mi-février. Le gouvernement fédéral affirme qu'elle s'est soldée par l'arrestation de 4.000 étrangers en situation irrégulière.



