Don de Mbappé : le responsable sécurité des Bleus mis en examen
Don de Mbappé : le responsable sécurité des Bleus mis en examen

Mohamed Sanhadji, responsable logistique et sécurité de l'équipe de France, a été mis en examen mercredi à Paris, notamment pour corruption de personne dépositaire de l'autorité publique, selon le parquet. Placé sous contrôle judiciaire, il ne pourra pas se présenter lundi au rassemblement des Bleus à Clairefontaine, première sélection sous l'ère Zinédine Zidane. Une décision qualifiée de « condamnation à mort sociale » par sa défense.

Un contrôle judiciaire contraignant

Originaire de Rians dans le Var, Mohamed Sanhadji, ancien policier, est au cœur d'une affaire liée à un don de 60.300 euros de Kylian Mbappé. Selon le parquet, son contrôle judiciaire lui interdit, « sauf autorisation expresse » du magistrat instructeur, de se présenter « au siège de la Fédération française de football (FFF), au centre d'entraînement de Clairefontaine, au Stade de France et au Parc des Princes ». Il ne peut également avoir de contact avec « les joueurs des sélections nationales actuelles et passées », le staff actuel de l'équipe de France, ou encore les sélectionneurs actuels et passés.

Cette mise en examen est une première épine dans le pied de Zinédine Zidane, qui avait décidé de conserver Mohamed Sanhadji dans l'encadrement malgré ses déboires. Le nouveau sélectionneur doit préparer quatre matches de Ligue des nations avec un groupe qui sera privé de ce rouage essentiel de l'ombre.

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Un « don d'usage » à l'origine de l'enquête

Policier chargé de la sécurité de l'équipe de France de 2004 à décembre 2025, Mohamed Sanhadji avait dû prendre sa retraite anticipée de la police nationale, sanctionné après avoir reçu ce gros chèque en 2023, sans en avoir prévenu sa hiérarchie. Ce « don d'usage » de 60.300 euros, provenant de la prime du Mondial-2022 touchée par le capitaine des Bleus, avait été signalé par un banquier à Tracfin, la cellule de renseignement financier de Bercy, en juillet 2024. Cela avait déclenché l'ouverture d'une enquête judiciaire pour travail dissimulé et blanchiment de fraude fiscale, avant qu'une information judiciaire ne soit ouverte en janvier dernier.

Très apprécié par les joueurs comme par la Fédération, il avait ensuite été recruté directement par la FFF pour accompagner les Bleus à la Coupe du monde cet été. Sa défense, coordonnée par Abdel Aïssou, a dénoncé des « conditions fixées [qui] rendent impossible matériellement son travail » et a indiqué avoir fait appel de ce contrôle judiciaire.

Des charges multiples et une défense qui conteste

Outre un cautionnement de 80.000 euros, son contrôle judiciaire l'empêche d'exercer dans la police nationale ou dans le secteur du sport professionnel, même pour des activités rémunérées par un club étranger ou une fédération internationale. Les magistrats instructeurs l'ont mis en examen le 16 septembre pour « recel de détournement de fonds public », « corruption active de personne dépositaire de l'autorité publique », « trafic d'influence actif sur personne dépositaire de l'autorité publique », « trafic d'influence passif par personne dépositaire de l'autorité publique », « trafic d'influence international passif », « corruption passive par personne dépositaire de l'autorité publique ». Il est aussi poursuivi pour escroquerie et blanchiment de fraude fiscale.

« C'est une procédure tirée par les cheveux », avec « pas grand chose sur le plan du droit », a taclé samedi sa défense. De son côté, une source fédérale a assuré à l'AFP : « La Fédération ne commente pas une procédure judiciaire en cours, mais en tirera les conséquences vis-à-vis de l'intéressé et va se porter partie civile. » Cette affaire pourrait avoir des répercussions sur l'organisation de l'équipe de France pour les prochains rendez-vous internationaux.

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