L'ancien président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), Dominique Boutonnat, a été relaxé ce vendredi 3 juillet 2026 par la cour d'appel de Paris. Il était poursuivi pour une agression sexuelle présumée sur son filleul, alors mineur. La décision infirme le jugement de première instance qui l'avait condamné à trois ans de prison, dont un an ferme.
Les faits reprochés
Les faits remontent à 2017. Le plaignant, aujourd'hui âgé de 23 ans, accusait son parrain de l'avoir agressé sexuellement alors qu'il était adolescent. Il affirmait que Dominique Boutonnat avait profité d'un séjour chez lui pour commettre les actes. L'accusé a toujours nié les faits, plaidant une relation consentie.
En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait estimé que les déclarations du plaignant étaient cohérentes et crédibles, et avait condamné Dominique Boutonnat à trois ans de prison, dont un an ferme, avec mandat de dépôt. Il avait également été inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS).
La décision en appel
La cour d'appel a estimé que les éléments présentés ne permettaient pas d'établir la culpabilité de l'ancien haut fonctionnaire au-delà de tout doute raisonnable. Selon l'arrêt consulté par l'AFP, les juges ont relevé des contradictions dans le récit du plaignant et l'absence de témoins ou de preuves matérielles. Ils ont également souligné que le comportement de Dominique Boutonnat après les faits présumés n'était pas incompatible avec son innocence.
"La cour a considéré que les charges n'étaient pas suffisantes pour retenir la culpabilité, a déclaré Me Jean-Marc Fedida, avocat de Dominique Boutonnat. Mon client est soulagé que la vérité judiciaire ait été rétablie après quatre années de procédure."
Réactions et conséquences
La décision a suscité des réactions contrastées. L'avocate du plaignant, Me Carine Durrieu-Diebolt, a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. "Nous sommes profondément déçus par cette décision qui ne rend pas justice à la parole de la victime. Nous allons étudier les voies de recours possibles", a-t-elle déclaré.
Dominique Boutonnat, qui avait démissionné de la présidence du CNC en février 2025 après sa condamnation en première instance, reste libre. Son avenir professionnel dans le secteur du cinéma demeure incertain. Le CNC a indiqué prendre acte de la décision de justice, sans commentaire supplémentaire.
Cette affaire a eu un retentissement important dans le milieu du cinéma français, où Dominique Boutonnat était une figure influente. Sa relaxe en appel pourrait relancer le débat sur la présomption d'innocence et la prise en compte de la parole des victimes dans les affaires d'agression sexuelle.



