Démantèlement d'un vaste réseau de deal à Draguignan : 15 dealers interpellés et 70 000 euros de drogue saisis
Démantèlement d'un réseau de deal à Draguignan : 15 dealers arrêtés

Un coup d'arrêt majeur au trafic de stupéfiants dans le Var

Les forces de l'ordre ont porté un coup sévère à un important réseau de deal à Draguignan, avec l'interpellation de 15 individus et la saisie de près de 70 000 euros de substances illicites. Cette opération, menée en plusieurs phases depuis l'automne 2025, marque un tournant dans la lutte contre le narcotrafic dans cette commune varoise.

Une stratégie policière implacable et coordonnée

Ce mercredi après-midi, une impressionnante démonstration de force a eu lieu dans la résidence Les Négadis. Les effectifs du commissariat de Draguignan, comprenant le Groupe de sécurité de proximité (GSP), Police secours et la brigade anti-criminalité (BAC), ont été appuyés par la police municipale et une unité canine spécialisée venue de Fréjus-Saint-Raphaël. Les chiens Natcho et Rocky, des malinois entraînés à la détection de stupéfiants, ont joué un rôle clé dans les perquisitions.

Le commissaire Louis Wintrebert du commissariat Draguignan-Trans a souligné l'objectif de cette opération : « Le travail judiciaire étant arrivé à son terme, les acteurs principaux ont été interpellés. L'idée maintenant, c'est d'empêcher toute résurgence du deal par un travail de saturation de la voie publique ».

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Trois opérations successives pour démanteler le réseau

L'enquête, initiée à l'automne 2025, a débouché sur trois interventions majeures. La première a eu lieu le 1er mars, avec la perquisition d'un logement loué sur Airbnb. Les policiers y ont saisi 700 grammes de cocaïne, 550 grammes d'herbe et de résine de cannabis, 2 000 euros en espèces et une arme de poing de calibre 6,35 mm, conduisant à l'interpellation d'un suspect.

Les 30 et 31 mars, une centaine de policiers, renforcés par la compagnie d'intervention départementale (DIPN 83) et des chiens détecteurs, ont frappé un grand coup. Le 30 mars, la « nourrice » du réseau a été démantelée dans un pavillon situé à proximité immédiate du commissariat, avec 11 interpellations et la saisie de 1,1 kg de résine de cannabis, 200 grammes d'herbe, 40 grammes de cocaïne et 120 cachets d'ecstasy. Le lendemain, trois autres arrestations ont eu lieu aux Négadis et dans le centre ancien.

Au total, les saisies comprennent 1,5 kg de résine de cannabis, 400 grammes d'herbe de cannabis, 800 grammes de cocaïne, 200 sachets d'ecstasy, 3 000 euros en espèces et une arme de poing avec des munitions. « Environ 70 000 euros de marchandises illicites ont été confisqués », a précisé le commissaire Wintrebert.

Une réponse judiciaire ferme et des mesures administratives

Sur le plan pénal, les conséquences sont lourdes pour les suspects. Cinq majeurs ont été déférés au tribunal judiciaire de Draguignan, avec trois incarcérations et deux placements sous contrôle judiciaire. Les autres interpellés ont fait l'objet de comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité, et deux mineurs ont été convoqués devant le juge des enfants. Onze acheteurs ont reçu des ordonnances pénales avec amendes.

Pour consolider les résultats, les autorités ont également mis en œuvre des mesures administratives. La préfecture a prononcé cinq interdictions de paraître dans le quartier, basées sur la loi contre le narcotrafic, et a demandé la résiliation d'un bail. Cette approche vise à instaurer une tolérance zéro durable aux Négadis.

Vers une nouvelle ère de tranquillité pour les habitants

Cette opération marque le début d'une phase de maintien de la paix sociale. « Nous allons occuper le terrain le plus possible pour leur faire comprendre que c'est terminé », a affirmé avec détermination le commissaire Wintrebert. Les résidents avaient subi des mois de pression, avec un trafic attirant jusqu'à 60 clients par jour, des tarifs affichés sur les murs, et des nuisances sonores dues à un langage codé.

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Le choix d'intervenir un mercredi après-midi, jour de repos scolaire où les enfants jouent dehors, n'est pas anodin. « On se montre aussi parce qu'il y a une stratégie de visibilité. Ça rassure les résidents. Je pense qu'ils préfèrent avoir des policiers que des dealers en bas de chez eux », a expliqué le chef du commissariat. Déjà, les forces de l'ordre rapportent que les riverains ont retrouvé une certaine sérénité depuis une semaine, signe que la méthode porte ses fruits.