Le choc de l'avocat après la découverte des corps au Portugal
Maître Cédric Galandrin, avocat au barreau de l'Aveyron, exprime une profonde stupéfaction suite à l'annonce de la mort d'Angela Legobien-Cadillac, âgée de 26 ans, et d'Audrey Cavaillé, 40 ans. Ces deux anciennes compagnes de Cédric Prizzon ont été retrouvées enterrées dans le nord du Portugal mercredi dernier. L'avocat, qui avait défendu Angela en 2021, décrit une jeune femme « éperdument amoureuse » et sous l'emprise totale de cet homme.
Une histoire marquée par l'enlèvement d'un enfant en 2021
En 2021, Angela Legobien-Cadillac avait activement participé au rapt du fils aîné de Cédric Prizzon, enlevé à sa mère pendant deux mois dans un contexte de conflit parental. Maître Galandrin explique que le dossier judiciaire démontrait clairement son état de soumission. « Elle avait un emploi stable, mais elle a tout quitté pour le suivre », raconte-t-il. La jeune femme avait vendu sa voiture et son téléphone portable, laissant des lettres d'adieu déchirantes à sa famille, suggérant un départ sans retour.
Le couple, accompagné du petit garçon, avait pris la route fin juin dans un camping-car acheté spécialement, sans laisser de traces. Cédric Prizzon avait économisé plus de 15 000 euros en espèces pour éviter tout traçage bancaire. Pendant deux mois, ils ont parcouru la Galice et le Pays Basque, jusqu'à ce que la situation dégénère.
L'abandon en rase campagne et le procès à Rodez
« Au final, ça s'est mal passé avec lui », poursuit l'avocat. Angela a décrit une scène de violence dans le camping-car, où Cédric Prizzon l'a terrifiée avant de l'abandonner en rase campagne, à peine vêtue. Réfrigérée, elle a été secourue par la Guardia Civil, tandis que lui a été arrêté peu après. Lors de leur comparution devant le tribunal correctionnel de Rodez pour l'enlèvement de l'enfant, le couple s'était séparé et leurs relations étaient glaciales.
Maître Galandrin se souvient qu'Angela n'avait pas porté plainte pour l'incident du camping-car, et que la question de ses affaires non récupérées restait en suspens. Tous deux ont été condamnés pour leur rôle dans l'enlèvement. « Elle savait très bien qu'elle participait à une infraction », note l'avocat, ajoutant qu'elle avait été convaincue par Cédric Prizzon que la mère de l'enfant était dangereuse et qu'il fallait le protéger.
L'incompréhension face au drame final
L'avocat ignorait qu'Angela et Cédric Prizzon s'étaient remis en couple et avaient eu une petite fille, aujourd'hui âgée de 18 mois. « Pour moi, c'est insensé qu'il l'ait tuée », confie-t-il, soulignant le contraste entre la jeune femme amoureuse qu'il a défendue et la victime retrouvée au Portugal. Ce témoignage met en lumière les mécanismes d'emprise et la tragédie qui a coûté la vie à deux femmes, laissant derrière elles des familles dévastées et une enquête judiciaire en cours.



