Procès à Dijon : une mère jugée pour avoir caché ses jumelles prématurées dans un sac
Dijon : une mère jugée pour jumelles cachées dans un sac

Un procès poignant s'ouvre à Dijon pour une affaire de jumelles cachées

Une jeune femme de 20 ans comparaît dès lundi devant la cour d'assises de Côte-d'Or à Dijon, jugée pour avoir dissimulé dans un sac de courses ses jumelles nées prématurément. Les faits remontent à la nuit du 23 au 24 mai 2020, lorsqu'une ambulance est appelée au domicile de la mère, qui se plaignait d'une fausse couche. À l'arrivée des secours, la jeune femme et sa mère, âgée de 38 ans, tendent un sac de courses sans révéler son contenu.

La macabre découverte des secours

Le personnel soignant découvre à l'intérieur du sac le corps sans vie d'un nouveau-né et un autre bébé encore en vie. Les jumelles, nées à moins de sept mois de grossesse, pesaient environ 800 grammes chacune. L'autopsie a révélé qu'elles étaient toutes deux vivantes au moment de l'accouchement.

Selon l'accusation, la mère, qui ne souhaitait pas d'enfant et avait été abandonnée par le père biologique, avait « empaqueté » les nourrissons dans des vêtements. La sage-femme de l'hôpital a témoigné avoir eu « des difficultés » à les libérer de cet emballage.

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Deux heures d'attente avant l'appel aux secours

Les bébés avaient été placés dans un sac en toile de type tote bag, puis la grand-mère avait mis cet emballage dans un sac plastique d'une grande enseigne de discount. Le sac avait été caché derrière une armoire, loin du regard du beau-père de la jeune mère, décrit comme un croyant à la mentalité stricte.

L'accusation affirme que la jeune femme savait que les bébés étaient en vie, mais les a laissés près de deux heures sur le sol de sa chambre. Pendant ce temps, elle a nettoyé les traces de l'accouchement dans les toilettes et la salle de bains, et effectué des recherches sur internet concernant les fausses couches.

Défense et accusation s'affrontent sur les motivations

Me Chloé Bonnat, avocate de la mère poursuivie pour meurtre et tentative de meurtre (comme la grand-mère), plaide l'acquittement. Elle évoque une « situation de détresse absolue » et un « affolement » de sa cliente, qui ignorait même qu'elle portait des jumelles. Un expert psychiatre a décrit une « certaine immaturité » chez la jeune femme, prisonnière de principes religieux musulmans qui rendaient impossible d'évoquer des relations sexuelles avant le mariage.

À l'opposé, Me Marie-Christine Klepping, avocate de membres de la famille constitués parties civiles, affirme : « Il y avait une volonté de s'en débarrasser. Ce n'est pas le fruit du hasard. » Elle rejette l'argument de la simple panique.

Le procès, qui s'annonce particulièrement émouvant, devrait s'achever vendredi. Il pose des questions complexes sur la détresse maternelle, l'emprise familiale et les limites de la responsabilité pénale dans des situations de crise extrême.

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