Féminicide d'Assia M. : les enfants au cœur de l'horreur aux Buttes-Chaumont
Assia M. : enfants au cœur de l'horreur aux Buttes-Chaumont

Au procès du féminicide d'Assia M., une mère de famille de 34 ans retrouvée démembrée dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris en 2020, la parole des enfants est au centre des débats. Le compagnon de la victime, jugé pour meurtre, n'a pas pu s'exprimer devant la cour d'assises de Paris, en raison de son état de santé.

Un crime d'une violence inouïe

Assia M. avait disparu le 15 février 2020. Son corps avait été retrouvé trois jours plus tard, démembré et partiellement brûlé, dans le parc des Buttes-Chaumont. L'autopsie avait révélé qu'elle avait été poignardée à plusieurs reprises. Son compagnon, âgé de 42 ans, a été interpellé quelques jours plus tard et mis en examen pour meurtre.

Selon les éléments de l'enquête, le couple était en instance de séparation. La veille du drame, Assia M. avait déposé une main courante pour violences conjugales. Les enquêteurs ont également retrouvé des messages menaçants sur le téléphone de l'accusé.

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Les enfants, témoins et victimes

Lors du procès, qui s'est ouvert le 5 juillet 2023, les deux enfants du couple, âgés de 8 et 11 ans au moment des faits, ont été entendus par la cour. Leur témoignage, recueilli par des psychologues, a été diffusé à huis clos. Selon des sources proches du dossier, les enfants ont décrit des scènes de violences récurrentes au sein du foyer.

"Les enfants ont été confrontés à l'horreur absolue. Ils ont vu leur père tuer leur mère", a déclaré Me Sarah Senghor, avocate de la famille d'Assia M. "Ils sont aujourd'hui suivis psychologiquement et tentent de se reconstruire, mais les séquelles sont profondes."

L'accusé silencieux

L'accusé, qui souffre de troubles psychiatriques, n'a pas pu être interrogé lors de l'audience. Selon son avocat, Me Éric Dupond-Moretti, "il est dans l'incapacité de parler, son état de santé mentale ne le permet pas". La cour a donc ordonné une expertise psychiatrique complémentaire.

Cette situation a provoqué la colère des parties civiles. "C'est une nouvelle violence faite à la mémoire d'Assia et à ses enfants", a dénoncé Me Senghor. "L'accusé doit répondre de ses actes."

Un féminicide de plus

Le meurtre d'Assia M. s'inscrit dans la longue liste des féminicides en France. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 102 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2020, année du drame. En 2022, ce chiffre était de 118.

"Chaque féminicide est un échec de la société", a souligné une représentante de l'association "Nous Toutes", présente au procès. "Il faut davantage de moyens pour protéger les femmes et leurs enfants."

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 14 juillet. La décision de la cour est attendue dans les jours suivants.

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