Une vidéo prétendument tournée dans la province du Xinjiang, en Chine, montrant la destruction d'une mosquée par un bulldozer, a cumulé plus de 670 000 vues sur le réseau social X avant d'être supprimée. Les images ont été largement partagées, suscitant l'émoi de la communauté musulmane et des cercles prochinois. Or, selon l'agence Reuters, ces images sont fausses : le bâtiment démoli se trouvait en réalité en Indonésie.
Une vidéo virale attribuée à tort à la Chine
Le post original, publié sur X, affirmait que la destruction de la mosquée était l'œuvre des autorités chinoises dans le cadre des persécutions dont elles sont accusées vis-à-vis de la minorité musulmane ouïghoure. Ces accusations ont alimenté de vives polémiques, notamment au sein de la communauté musulmane et des cercles prochinois, comme le rapporte 20 Minutes.
Les tensions entre Pékin et la minorité ouïghoure sont bien réelles. Depuis une dizaine d'années, la situation au Xinjiang préoccupe la scène internationale. En 2020, le ministère des Affaires étrangères français dénonçait des « pratiques injustifiables ». En 2022, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies s'inquiétait de possibles crimes contre l'humanité à l'encontre des Ouïghours. Plus récemment, l'entreprise Décathlon était suspectée d'exploiter des travailleurs ouïghours réduits en esclavage.
Des images détournées à plusieurs reprises
Les images partagées sur X ne sont pas authentiques. Elles circulent sur les réseaux depuis plus d'un an et ont déjà été examinées par plusieurs sites de fact-checking anglophones. En 2025, l'agence Reuters a révélé, preuves à l'appui, que la « mosquée » était en réalité un bâtiment d'un parc d'attractions situé en Indonésie, voué à la démolition en mars 2025. Rien à voir, donc, avec la Chine et les Ouïghours.
En outre, 20 Minutes a découvert que ces images ont été utilisées dans le cadre d'une propagande anti-Pékin, mais aussi dans un autre contexte. Un autre détournement les situe dans l'Uttarakhand, une province d'Inde du Nord, attribuant cette fois-ci les persécutions à l'État indien vis-à-vis de sa propre minorité musulmane.
Un impact limité sur la crédibilité des accusations
Cette désinformation ne remet pas en cause les préoccupations internationales concernant le Xinjiang, mais elle illustre la difficulté de vérifier les images qui circulent en ligne. Les autorités chinoises n'ont pas réagi publiquement à cette vidéo, mais la diffusion de fausses informations pourrait nuire à la crédibilité des témoignages authentiques sur la situation des Ouïghours.
En conclusion, cette vidéo est un faux qui a été détourné à plusieurs reprises pour servir différents récits. Il est essentiel de vérifier les sources avant de partager ce type de contenu, comme le rappellent les sites de fact-checking.



