Jusqu'à présent, il ne s'était exprimé qu'à travers la voix de son avocate, Me Menya Arab-Tigrine. Daniel Siad, recruteur de mannequins dont le nom apparaît dans plus d'un millier de pièces du dossier Epstein, a pris la parole ce sujet aux micros de BFMTV et de RTL.
Des accusations graves
Cet homme de 69 ans, un Kabyle détenteur d'un passeport suédois ayant longtemps gravité en France, est visé par cinq femmes pour des faits de viol et de traite d'êtres humains. Il est suspecté d'avoir notamment repéré des jeunes filles pour les livrer au pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
L'une des plaignantes se nomme Ebba P. Karlsson. L'ancien mannequin suédois accuse le recruteur de l'avoir violée à Cannes (Alpes-Maritimes) en 1990. La quinquagénaire, qui n'avait jamais pu retrouver sa trace, dit avoir « eu envie de vomir » quand elle a reconnu Daniel Siad sur une photo publiée dans le cadre des « Epstein Files ». Elle l'accuse en outre de l'avoir conduite auprès de Gérald Marie, alors à la tête d'Élite. Ce dernier l'aurait également violée.
En janvier 2022, une femme s'était déjà confiée à la police française au sujet de cet homme, estimant qu'il pouvait être décrit comme « un rabatteur de femmes pour le compte d'Epstein et à des fins sexuelles », selon des documents judiciaires dont nous avons pris connaissance.
La défense de Daniel Siad
L'intéressé balaye l'ensemble des accusations. « Je n'ai jamais violé quelqu'un de ma vie, assure-t-il sur BFMTV. Je ne suis jamais sorti avec un mannequin de ma vie. Je suis un père de famille. »
Daniel Siad n'a à ce jour jamais été entendu par la justice. Une perspective qui ne l'effraie guère. « Je suis prêt à affronter ces personnes », assure-t-il sur RTL, dans un entretien qui sera diffusé en intégralité vendredi matin.
Collaboration avec Epstein
Ce que le professionnel du mannequinat ne nie pas, c'est d'avoir collaboré avec Jeffrey Epstein, retrouvé mort en prison en août 2019. À plusieurs reprises, il s'est rendu dans les quartiers parisiens du financier, avenue Foch. Seulement pour des réunions de travail qui duraient « entre 10 et 15 minutes », à l'en croire. « À chaque fois je lui présentais des mannequins, et je repartais avec les mannequins. Je n'avais avec lui que des relations professionnelles. Je ne connais pas sa vie privée », argue le Suédois.
Cinq magistrats enquêtent actuellement au parquet de Paris sur le volet français du dossier Epstein, côté financier et côté violences sexuelles.



