Un homme de 35 ans, originaire d'Anduze et déjà mis en examen dans une affaire d'agressions sexuelles sur mineurs, a été jugé ce jeudi 14 août devant le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard. Il comparaissait pour corruption de trois adolescents âgés de 13, 15 et 16 ans, faits survenus fin juin à Anduze. Après un mois de détention provisoire, le prévenu a dû répondre de ses actes.
Des messages à caractère sexuel lus lors de l'audience
La rencontre avec les jeunes victimes a eu lieu via un réseau social. Le prévenu les a invités dans un parc de sa ville, puis chez lui, où il aurait tenté de leur faire consommer de l'alcool et leur a proposé un emploi de ménage en échange de faveurs sexuelles. Les échanges se sont poursuivis en ligne, et le président du tribunal, Simon Lanes, a lu certains messages : "Les gars, si vous voulez déjà, on peut se faire un petit plan", "Même si vous êtes hétéros, moi, je cherche à sucer", "Vous me régalez ; je vous régalerai aussi".
La défense du prévenu
Le mis en cause a tenté de se justifier en affirmant que ses victimes s'étaient inscrites sur un site réservé aux majeurs. Il a déclaré s'être détourné du plus jeune car il faisait son âge, tandis que les autres pouvaient paraître adultes. "Je cherche plus jeune que moi, mais pas mineurs !" a-t-il assuré. Cependant, le président a rappelé que les victimes étaient âgées de 13, 15 et 16 ans, bien en dessous de la majorité.
Un passé judiciaire lourd
L'homme avait déjà été condamné en 2015 pour agression sexuelle à deux ans de prison et cinq ans de suivi socio-judiciaire. Lors des faits, il était sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec des mineurs. La substitute du procureur, Sandrine Fabre, a souligné cette violation. Me Joris Numa, avocat des parties civiles, a précisé que l'une des victimes présumées dans l'autre affaire n'a que 10 ans. Il a également indiqué que les adolescents avaient clairement mentionné leur âge lors des échanges et que des propositions de plans à plusieurs avaient été formulées.
Des réquisitions sévères
La substitute Fabre a dénoncé l'attitude du prévenu, qui "minimise", "élude" et ne se remet pas en question, évoquant un "profil pédophile". Elle a requis quatre ans de prison, dont un an avec sursis probatoire de trois ans, et le maintien en détention. La défense, représentée par Me Olivia Betoe, a plaidé avec émotion, estimant que le rendez-vous judiciaire avait été raté, notamment en raison d'une expertise psychiatrique insuffisante. Elle a plaidé pour une alternative à la détention, mais les juges ont suivi les réquisitions du parquet.



