Alors que le couple Moretti, propriétaires du bar Constellation qui a été ravagé par les flammes lors de la soirée du Nouvel An, est actuellement dans la tourmente, l'enquête pourrait se tourner vers une troisième personne : l'ancien chargé de sécurité de la commune. Selon des documents du conseil communal consultés par nos confrères de BFM, ce dernier serait également poursuivi et convoqué à une audition le 9 février prochain.
Des inspections de sécurité insuffisantes
Les documents transmis à la justice révèlent de nombreux manquements à la sécurité, notamment dans des rapports d'inspection signés par cet homme. Normalement, ces inspections doivent avoir lieu chaque année. Pour le Constellation, seules trois inspections ont été réalisées en dix ans, la dernière remontant à 2019.
En 2018, l'inspecteur avait signalé sept défauts, dont un escalier en bois construit avec des matériaux combustibles et des portes d'entrée ne s'ouvrant pas vers l'extérieur. Deux éléments qui se sont révélés fatals le soir du drame. De plus, les salariés n'avaient pas été formés à la gestion d'un incendie.
Des défauts persistants mais des rapports positifs
L'inspecteur avait alors demandé au propriétaire de l'époque, Julien Baytrison, de corriger les défauts et de limiter la capacité de l'établissement à 100 personnes au sous-sol, 100 dans le bar et 50 au fumoir. En 2019, lors d'une nouvelle inspection, les mêmes défauts étaient toujours présents. Pourtant, les deux années, la case « Positif » était cochée.
Jusqu'en 2022, Jacques Moretti était seulement gérant avant de racheter les murs à Julien Baytrison. Aucun document ne mentionne les mousses anti-phoniques qui ont pris feu. Grâce à des travaux d'insonorisation, le bar avait obtenu l'autorisation de la mairie en 2016 de repousser l'heure de fermeture à 2 heures du matin, malgré l'opposition des habitants.



