L'enquête sur les incendies criminels de bateaux qui ont secoué la Corse au printemps 2023 a connu un nouveau rebondissement ce mercredi 9 juillet 2025. Quatre nouvelles personnes ont été mises en examen par les juges d'instruction du pôle de l'instruction de Bastia, portant à sept le nombre total de mis en cause dans ce dossier.
Des faits survenus en mars 2023
Les faits remontent à la nuit du 16 au 17 mars 2023, lorsque plusieurs navires de plaisance ont été incendiés dans les ports de Saint-Florent et de L'Île-Rousse, en Haute-Corse. Au total, sept bateaux ont été détruits ou gravement endommagés, provoquant une vive émotion parmi les plaisanciers et les professionnels du secteur. Les dégâts matériels avaient été estimés à plusieurs centaines de milliers d'euros.
L'enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Corse, avait rapidement permis d'identifier un premier suspect, mis en examen dès le mois d'avril 2023. Par la suite, deux autres personnes avaient été interpellées et placées sous contrôle judiciaire.
Les quatre nouveaux mis en examen
Ce mercredi, ce sont quatre hommes, âgés de 25 à 45 ans, qui ont été présentés aux juges d'instruction. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à la préparation et à l'exécution des incendies. Selon une source proche du dossier, ils auraient agi en bande organisée et pour des motifs crapuleux, possiblement liés à des règlements de comptes dans le milieu du trafic de stupéfiants.
Lors de leurs auditions, les mis en cause ont nié les faits qui leur sont reprochés. Le parquet de Bastia a requis leur placement en détention provisoire, mais la décision finale reviendra au juge des libertés et de la détention, qui doit statuer dans les prochains jours.
Un mode opératoire sophistiqué
Les enquêteurs ont mis au jour un mode opératoire particulièrement organisé. Les incendies auraient été perpétrés à l'aide de cocktails Molotov et de dispositifs de mise à feu à retardement, permettant aux auteurs de s'éloigner avant le déclenchement des flammes. Les investigations ont également révélé l'utilisation de véhicules volés pour se rendre sur les lieux, ainsi que des communications cryptées via des messageries sécurisées.
Selon le procureur de la République de Bastia, Jean-Baptiste Bladier, « cette affaire illustre la capacité de la justice à démanteler des réseaux criminels organisés, même lorsqu'ils opèrent avec une grande discrétion ». Il a salué le travail des gendarmes de la section de recherches, qui ont mené des mois d'investigations minutieuses.
L'impact sur le secteur nautique
Ces incendies criminels avaient provoqué un véritable choc dans le milieu nautique corse, déjà fragilisé par la saison touristique. Les propriétaires des bateaux détruits, pour la plupart des résidents locaux, avaient exprimé leur colère et leur désarroi. L'association des plaisanciers de Saint-Florent avait dénoncé un « acte de vandalisme inacceptable » et réclamé des mesures de sécurité renforcées dans les ports.
Depuis les faits, la surveillance des zones portuaires a été accrue, avec l'installation de caméras de vidéosurveillance et le renforcement des patrouilles de police. Toutefois, certains professionnels du secteur estiment que ces mesures restent insuffisantes face à la menace que représentent les groupes criminels.
Une enquête qui se poursuit
Les investigations ne sont pas closes pour autant. Les juges d'instruction entendent désormais déterminer les responsabilités exactes de chacun des sept mis en examen et identifier d'éventuels commanditaires. Des perquisitions et des auditions complémentaires sont prévues dans les semaines à venir.
Les avocats des quatre nouvelles personnes mises en examen n'ont pas souhaité faire de commentaire pour l'instant. Ils devraient toutefois demander des confrontations et contre-expertises pour contester les éléments de preuve réunis par l'accusation.



