Contrôleur aérien d'Ajaccio endormi : mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui
Contrôleur aérien endormi à Ajaccio : mise en examen

Contrôleur aérien d'Ajaccio endormi : mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui

Le contrôleur aérien qui s'était endormi à son poste de travail à l'aéroport d'Ajaccio le 15 septembre 2025 a été officiellement mis en examen pour « mise en danger de la vie d'autrui », a annoncé jeudi le procureur de la République d'Ajaccio, Nicolas Septe. Cette information, confirmant un article de Corse-Matin, marque un tournant dans cette affaire qui avait suscité l'émoi dans le monde de l'aviation civile.

Un recours du parquet aboutit à une mise en examen

Cette décision judiciaire intervient après un recours formel du parquet contre le statut initial de témoin assisté qui avait été accordé au contrôleur par le juge d'instruction. « Le contrôleur a été mis en examen par la chambre de l'instruction de Bastia la semaine dernière du chef de mise en danger de la vie d'autrui suite à l'appel interjeté par le parquet d'Ajaccio de son placement sous statut de témoin assisté par le juge d'instruction d'Ajaccio », a précisé le magistrat dans un communiqué transmis à l'AFP.

Un incident aérien grave avec 18 minutes d'attente en vol

L'enquête judiciaire avait été ouverte immédiatement après l'incident survenu le 15 septembre 2025, concernant une liaison régulière entre Paris-Orly et Ajaccio. Cet événement s'est produit en parallèle d'investigations administratives menées par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), l'autorité de régulation du secteur aérien en France.

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Selon le rapport détaillé de la DGAC, « un vol Air Corsica en provenance d'Orly et à destination d'Ajaccio n'a pas pu établir de contact radio avec la tour de contrôle lors de sa phase d'approche critique ». L'appareil commercial a alors été contraint d'attendre dans les airs avant de pouvoir poursuivre sa procédure d'atterrissage normalisée. L'avion a patienté 18 minutes complètes, effectuant des cercles au-dessus du golfe d'Ajaccio, dans une situation décrite par les autorités comme « inhabituelle et préoccupante ».

Intervention des secours et découverte du contrôleur endormi

Cette situation anormale a conduit à la mobilisation immédiate des services de secours de l'aéroport d'Ajaccio. Les pompiers aéroportuaires dépêchés en urgence à la tour de contrôle ont fait une découverte stupéfiante : l'agent de service responsable du contrôle aérien dormait profondément à son poste opérationnel. « L'intervention des pompiers de l'aérodrome à la tour de contrôle a permis de constater que le contrôleur de service s'était endormi à son poste », avait indiqué la DGAC dans son communiqué initial.

Le contrôleur aérien a immédiatement été soumis à des tests qui se sont révélés négatifs à l'alcoolémie. Après son réveil provoqué par les secours, « le vol a atterri en sécurité dans les conditions prévues par les procédures standard » avant que « les opérations de contrôle aérien n'aient pu reprendre normalement » sur la plateforme aéroportuaire.

Conséquences judiciaires et administratives en cours

Outre la procédure judiciaire qui vient de connaître cette évolution significative avec la mise en examen, une éventuelle sanction administrative reste à l'étude par les autorités compétentes. La DGAC examine les circonstances exactes de cet incident pour déterminer les mesures disciplinaires appropriées, qui pourraient aller jusqu'à des suspensions de licence ou des retraits d'habilitation.

Cet événement soulève des questions plus larges sur :

  • Les conditions de travail des contrôleurs aériens
  • Les protocoles de sécurité dans les tours de contrôle
  • Les mécanismes de prévention de la fatigue au travail
  • Les procédures d'urgence en cas de défaillance humaine

L'affaire continue de suivre son cours judiciaire, avec des audiences prévues devant la chambre de l'instruction de Bastia dans les prochains mois. Le contrôleur aérien, dont l'identité n'a pas été divulguée, risque une peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende pour le délit de mise en danger de la vie d'autrui.

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