Le trafic de tabac dans le Gard prend une ampleur inédite. Douze prévenus sont jugés à Alès pour avoir écoulé 5 500 cartouches de cigarettes, causant un préjudice estimé à 3,5 millions d’euros. Ce mardi 5 mai s’ouvre, au tribunal judiciaire d’Alès, une audience musclée qui devrait durer deux jours.
Un réseau tentaculaire
Douze prévenus doivent répondre de chefs d’accusation graves : détention en bande organisée de marchandises contrefaites, importation illicite de tabac de contrebande et vente frauduleuse. Leur âge varie entre 23 et 50 ans. Seuls deux d’entre eux, un couple, sont originaires du bassin alésien ; les autres viennent d’Île-de-France, du Nord, des Bouches-du-Rhône ou d’Algérie.
L’audience s’est ouverte dès 9 heures ce mardi. Une certaine confusion a marqué le début : une avocate commise d’office a demandé une suspension pour dysfonctionnement, trois prévenus étaient absents et un autre n’avait pas de nouvelles de son avocat.
Un mode opératoire digne du grand banditisme
La chaîne d’approvisionnement était bien rodée, empruntant aux codes du trafic de stupéfiants. Au moins vingt-deux convois, avec des véhicules ouvreurs et porteurs, se sont approvisionnés en Belgique, dans le nord de la France et en région lyonnaise avant de descendre dans le sud. Les 5 500 cartouches étaient stockées entre Nîmes et Arles dans des boxes nourrices (garde-meubles, garages). La vente s’effectuait via des réseaux sociaux comme Snapchat.
Un préjudice de 3,5 millions d’euros
Les douze prévenus sont jugés pour la vente et la détention de 5 500 cartouches de Marlboro et L&M, représentant 660 000 € en valeur de produits authentiques. Lors des perquisitions, 47 000 € en espèces ont été saisis. Mais ce dossier s’inscrit dans un réseau plus vaste : à l’échelle nationale, 33 000 cartouches auraient transité, causant un préjudice d’au moins 3,5 millions d’euros pour l’État et Philip Morris, qui se sont constitués parties civiles.



