Conjoint violent jugé à Alès : le fils de 10 ans a eu peur que son beau-père tue sa mère
Conjoint violent jugé à Alès : le témoignage poignant du fils

Le tribunal correctionnel d'Alès a condamné un Gardois de 40 ans, originaire de Bagard, lors d'une audience de comparutions immédiates le lundi 4 mai. Après deux jours de détention provisoire, le quadragénaire a comparu dans le box des prévenus, adoptant un profil bas.

Des violences en présence de l'enfant

Dans la soirée du 29 avril, au domicile de sa compagne avec qui il partageait sa vie depuis sept ans, une dispute a dégénéré. L'homme a frappé sa compagne, tenté de l'étrangler, et détruit son téléphone portable ainsi que ses lunettes de vue. Le fils de la victime, âgé de 10 ans, était présent et a assisté à une partie des violences. Lors de son audition par les gendarmes, l'enfant a déclaré : "J'ai eu vraiment peur qu'il tue ma mère."

Un prévenu aux antécédents lourds

Le beau-père, dont le casier judiciaire comporte onze mentions, a reconnu les faits. "Je regrette. Je n'aurais jamais dû faire ça. Je me fais suivre pour la gestion des colères. Je ne voulais pas en arriver là", a-t-il affirmé. Il a ajouté : "Je n'ai pas d'excuse ; je suis coupable. Je n'ai pas fait ce que j'aurais dû faire : sortir et me calmer. Je suis désolé."

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Le parquet dénonce un "double discours"

Quentin Larroque, substitut du procureur, a pointé un "double discours" chez le prévenu, à la fois "suradapté" avec des propos rassurants, mais aussi une "spontanéité qui révèle parfois sa vraie personnalité". Selon le magistrat, l'homme considère les violences infligées comme une "bagatelle". "Si vous voulez obtenir un changement, il va falloir lui faire comprendre que son comportement est intolérable", a-t-il lancé aux juges, ajoutant qu'à force de violences, c'est la prison. Il a requis 18 mois d'emprisonnement, dont la moitié avec sursis probatoire, avec maintien en détention.

La défense plaide l'humanité

Me Saphia Boukhari Foughar, avocate de la défense, a plaidé pour une prise en compte des circonstances : "On reste humain ; on n'a pas de réactions bonnes tout le temps." Pour son client, qui a connu sa première incarcération, elle a demandé un aménagement de peine en cas de partie ferme. "Ce n'est tout de même pas le fou furieux qui va attaquer tout le monde dans la rue", a-t-elle argumenté.

La décision du tribunal

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet sur le quantum, mais sans mandat de dépôt. La présidente de l'audience a précisé : "Le tribunal a fait le choix de ne pas vous incarcérer."

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