Mercredi 12 août, des centaines de personnes ont assisté à l'éclipse partielle de soleil dans le Cœur d'Hérault, à l'Observatoire d'Aniane et à la Baume Auriol, sur les hauteurs de Navacelles. L'événement a attiré un public varié, des passionnés d'astronomie aux simples curieux, chacun avec ses motivations : observer le phénomène, photographier, ou partager un moment en famille ou en amoureux.
À l'Astronarium d'Aniane, une soirée dédiée à la vulgarisation
À l'Astronarium d'Aniane, l'association Ciel et astres a organisé une soirée d'observation. Près de 80 personnes ont fait le déplacement pour écouter les explications des bénévoles et observer le soleil à travers des télescopes équipés de filtres. Samantha Lussiez, bénévole de l'association, a expliqué : « Le soleil est un astre qui émet sa propre lumière, les planètes reçoivent la lumière de leur étoile et si vous regardez dans notre télescope, équipé de filtres, vous allez voir des protubérances gazeuses. D'un soir à l'autre ça change. Ce soir, cela ressemble à un baobab ! »
L'association, qui existe depuis onze ans, propose également des hébergements insolites sous forme de « bulles » permettant d'observer le ciel étoilé. Ce soir-là, les bulles affichaient complet, mais les visiteurs étaient surtout avides d'explications et d'observations. Eric Cousin, président de Ciel et astres, a montré une ancienne « poêle à éclipse » et expliqué comment utiliser une boîte à chaussures percée pour observer le phénomène.
À la Baume Auriol, un point de vue exceptionnel sur le Larzac
À la Baume Auriol, des centaines de personnes se sont rassemblées pour voir l'éclipse. Fabien, photographe amateur de Montpellier, a choisi ce site pour sa vue dégagée et l'absence de moustiques : « C'est un point de vue exceptionnel, nous sommes sur plateau, bien dégagé, sans pollution lumineuse, même si les conditions sont un peu compliquées car il y a des nuages », a-t-il déclaré. Il avait hésité avec l'Espiguette en bord de mer, mais a finalement opté pour le Larzac.
Daniel, 70 ans, habitant de Saint-Maurice, est venu en famille avec ses petits-enfants venus de Bretagne. Ancien éleveur et amateur d'ornithologie, il a déclaré : « J'aime venir à la Baume observer les rapaces : vautours fauves, percnoptères, aigle royal… J'avais observé l'éclipse de 1999 au Caylar. Là, je suis avec mes petits enfants qui viennent de Bretagne pour observer avec la foule. Cela fait partie des spectacles de la nature. C'est bien de partager ça. » Il a également confié que ce serait probablement sa dernière éclipse : « J'ai entendu à la radio qu'il y en aurait une autre, dans deux ans, au Maroc, mais je ne vais pas prendre l'avion, rajouter du carbone, surtout en ces périodes de canicules. Il faut songer à nos comportements et être un peu éco responsables, surtout pour les jeunes qui arrivent. »
Des motivations variées, de la science à la romance
Sandrine, venue de Lunel, a assisté au spectacle pour des raisons plus personnelles : « Je suis venue ici pour voir l'éclipse, mais surtout pour passer un moment avec mon chéri qui n'habite pas très loin… », a-t-elle raconté. Pour ce couple, la conjonction entre la lune et le soleil était un prétexte à partager un moment romantique. En France, la prochaine éclipse de ce type est prévue en 2081, une échéance lointaine pour les amoureux.
Les souvenirs des éclipses passées ont également nourri les conversations. Une dame se souvenait de l'éclipse de 1999 : « Mon patron m'avait accordé une heure pour que j'aille la voir. » Un autre visiteur évoquait l'éclipse de 1959 : « Je me souviens de l'éclipse de 1959, le maître d'école nous avait fait regarder au travers de verres fumés. » Ces témoignages montrent que l'éclipse du 12 août restera gravée dans les mémoires des participants, comme celles des décennies précédentes.



