Cirque Piedon annulé à Peymeinade trouve refuge à Cabris
Cirque Piedon annulé à Peymeinade trouve refuge à Cabris

Le cirque Piedon, initialement prévu les 18 et 19 juillet à Peymeinade, a vu ses représentations annulées par la municipalité pour des raisons de sécurité. La troupe a trouvé refuge sur le Grand Pré de Cabris, où elle prolonge sa présence jusqu'au 18 juillet inclus, avant de se rendre à Valberg le 19.

Une tradition familiale depuis quatre générations

Sous le chapiteau, le petit Armand, deux ans, imite les gestes de sa mère qui s'entraîne au hula-hoop. Dernier-né de la famille Piedon, il est déjà fasciné par la piste. « C'est une vraie chance d'avoir toujours eu un descendant pour reprendre le flambeau et notre spectacle est placé sous le thème de la famille, parce que c'est, pour nous, une valeur essentielle », souligne Anthony Piedon, actuel directeur de cette entreprise familiale.

Depuis vendredi 10 juillet, le cirque est installé sur le Grand Pré de Cabris, au-dessus de Grasse, où il a l'habitude de séjourner durant la semaine du cirque, qui propose également des ateliers et des projections de films.

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Des numéros variés et sans animaux sauvages

Dès samedi 11 juillet, les représentations ont accueilli petits et grands. Au programme : jonglage, manipulation, équilibre funambule sur un fil, rolla bolla, contorsions et même « dressage de puce », un numéro ancien remis au goût du jour. « Du temps de mon grand-père, ça se bornait à une ménagerie de poneys mais notre cirque n'a jamais exploité d'animaux sauvages ou exotiques. Aujourd'hui, ce sont parfois nos propres compagnons domestiques qui participent », précise Anthony. Un chat se faufile parmi les spectateurs, et Pedro, un border collie, surgit comme un chien dans un jeu de quilles.

Côté humain, six membres du clan Piedon donnent vie au spectacle, dont les parents d'Anthony, William Piedon et Katia Loyal, qui jouent les clowns.

L'annulation à Peymeinade : une décision de sécurité

L'annulation soudaine des représentations à Peymeinade a été un choc pour la troupe. « Ça fait une quinzaine d'années qu'on s'y produit et on avait encore obtenu l'autorisation mais la nouvelle municipalité nous a avisés qu'elle ne pouvait plus nous accueillir sur le parking du Bon-Soleil, rapporte Anthony. On ne veut pas du tout entrer en conflit avec la Mairie de Peymeinade mais cette décision nous a bien mis dans l'embarras et a créé un stress énorme. Parce que notre cirque, ce n'est pas seulement un outil de travail, c'est aussi un lieu de vie. »

Trouver un nouveau point de chute avec eau et électricité pour héberger une large famille sur la Côte d'Azur relève d'un numéro d'équilibriste. Par chance, un arrangement a été trouvé avec la municipalité de Cabris, qui prolonge l'option Grand Pré le 18 juillet, tandis que Valberg accueillera le cirque le 19 juillet.

Des difficultés persistantes pour les cirques itinérants

« En réalité, ça n'a jamais été évident de trouver des villes d'accueil. Depuis le Moyen-Âge, nous subissons parfois des préjugés et une forme de rejet, comme les gens du voyage auxquels on nous assimile parfois, je l'ai ressenti depuis ma plus tendre enfance, confie Anthony. Heureusement, comme nous sommes des gens sérieux et respectueux, les communes qui nous ont déjà accueillis nous renouvellent leur confiance. Pour Peymeinade, je veux croire que c'est juste une confusion dans les dates de spectacles qui a conduit à cette annulation… »

La mairie de Peymeinade se justifie

Au cabinet de Brigitte Vidal, maire de Peymeinade, on étouffe toute polémique. « L'annulation n'a rien à voir avec un choix politique et culturel de la nouvelle municipalité RN, on n'a absolument rien contre le cirque, au contraire », affirme-t-on. En réalité, un autre show estival, Tribute to Abba, est imposé par le conseil départemental à la même date dans la salle Léon-Daudet à côté. « Comme on y attend 3 000 personnes, ça posait des problèmes de places et de sécurité d'avoir le cirque en simultané, et on a dû trancher car on ne voulait prendre aucun risque. » Un conciliabule est prévu entre les parties concernées pour une possible reprogrammation.

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