Cinq nourrissons retrouvés morts à Orange : la stupeur des voisins
Cinq nourrissons retrouvés morts à Orange : stupeur

Dans le centre historique d'Orange, mardi 28 juillet, les touristes déambulent autour du théâtre antique, ignorant qu'à quelques ruelles de là, la veille, des ossements de quatre nourrissons et le corps d'un nouveau-né ont été retrouvés au domicile d'un couple. Le compagnon de la mère de famille est à l'origine de cette découverte, selon un communiqué du parquet de Carpentras, qui a ouvert une enquête pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans.

Une découverte macabre faite par le compagnon

Troublé par la découverte tardive de la grossesse de sa compagne, laquelle avait accouché dimanche à domicile avant d'être transportée à l'hôpital, l'homme a entrepris des recherches et découvert, dans des cartons, « ce qui s'apparentait à des restes humains ». Il a prévenu le centre hospitalier d'Orange, qui a alerté le parquet. La division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la police nationale a perquisitionné le domicile. Un médecin légiste a estimé que les ossements et le corps en décomposition appartenaient bien à cinq nourrissons.

Les voisins sous le choc

Mardi, en bas de l'immeuble, situé dans un petit passage discret, rien ne laissait deviner qu'une perquisition avait eu lieu la veille. Le calme régnait de nouveau dans le quartier résidentiel. « On a vu dans la soirée des policiers sceller l'arche à l'entrée de la ruelle. On n'en savait pas plus et on l'a appris au réveil en regardant les informations », raconte Gabriela, une jeune femme qui vit dans une rue adjacente. Elle avait déjà croisé « de loin » le couple avec leurs deux enfants âgés de 8 et 9 ans. « On se disait bonjour, au revoir… pas plus, indique-t-elle. Ils étaient assez discrets, c'était une famille classique comme on en voit partout, banale quoi. »

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« Forcément, c'est choquant, poursuit Gabriela, on ne réalise pas. On se dit que ça arrive dans des grandes villes. Je pense que cela va laisser quelque chose de particulier dans le quartier. »

Une nouvelle qui se répand lentement

Dans les alentours, la nouvelle n'était pas encore connue de tous. « J'ai juste vu hier que les policiers mettaient de la rubalise à l'entrée de la rue mais il s'est passé quoi ? », s'enquiert un voisin. Dans un restaurant du centre-ville, situé à quelques mètres des lieux du drame, l'une des serveuses, Mylène, assure que le sujet n'était pas dans toutes les bouches mardi. « Je ne suis pas sûre que tout le monde soit au courant. Mais ça reste un événement traumatisant. Cette personne, on a très bien pu la croiser dans le quartier », lance-t-elle. « On se demande comment cela a pu arriver. La folie des gens parfois… », renchérit une autre restauratrice interrogée.

Des précédents judiciaires similaires

Dans la plus grave affaire française d'infanticide, Dominique Cottrez, une ancienne aide-soignante, a tué huit nouveau-nés dont les corps ont été découverts, en 2010, enterrés dans le jardin de ses parents et dans son propre garage. Elle a été condamnée en 2015, alors âgée de 51 ans, à neuf ans d'emprisonnement. Un an plus tôt, en 2009, Véronique Courjault était condamnée à huit années de prison pour avoir tué à la naissance trois de ses enfants entre 1999 et 2003. Deux corps avaient été découverts dans le congélateur par son mari. Elle a affirmé avoir brûlé le troisième dans la cheminée. En février dernier, une femme de 50 ans a été arrêtée en Haute-Saône, après la découverte de deux bébés dans son congélateur. Enfin, en avril, dans le Vaucluse, Aurélie S. a fait appel de sa condamnation à 25 ans de réclusion pour la mort de ses deux bébés retrouvés congelés.

La mère hospitalisée, le compagnon libre

La mère, âgée de 32 ans et toujours hospitalisée après avoir accouché d'un bébé en bonne santé dimanche, n'a pas encore été entendue par les enquêteurs, selon le parquet. L'homme, lui, « indiquait tout ignorer des potentielles grossesses de sa compagne » et a été laissé libre. Le parquet a saisi l'aide sociale à l'enfance (ASE) pour les deux aînés de la famille « afin que leurs services procèdent à une évaluation très rapide de leur situation » et a ordonné le placement provisoire du nourrisson né dimanche, un petit garçon, en vue de la saisine d'un juge des enfants.

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