Alors que la France subit une vague de chaleur depuis le 18 juin, l'Assemblée nationale a assoupli ses règles vestimentaires. Mardi, la conférence des présidents des groupes parlementaires a autorisé les députés à ne pas porter la veste dans l'hémicycle, une mesure valable pendant toute la durée de la canicule. Cette décision fait suite à des températures extrêmes qui mettent à rude épreuve le système de climatisation du Palais Bourbon.
Des députés en short et polo pour dénoncer le dress code
Le député socialiste Arthur Delaporte (Calvados) est arrivé mardi à l'Assemblée en short et polo, après avoir pédalé sous 40 degrés. Il a plaidé pour le port du « polo-short » dans l'hémicycle. « Il faut arrêter avec ces codes vestimentaires de l'avant-réchauffement climatique. Il faut faire évoluer le vestiaire masculin », a-t-il déclaré. Déjà en 2023, lors d'une période de fortes chaleurs, il avait soulevé ce sujet. Il se félicite également d'avoir obtenu que les personnels des restaurants de l'Assemblée puissent remplacer leur uniforme à manches longues en coton épais par une tenue d'été. Toutefois, pour le point presse de son groupe, il a remis un pantalon, et une chemise dans l'hémicycle.
Le gouvernement divisé sur la question
Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a défendu mercredi le port du costume-cravate sur RTL : « C'est le dress code du ministre et je le respecte ». Il a toutefois reconnu ne pas faire un travail physique et suggéré de pouvoir adapter ses vêtements à la canicule, au nom du « bon sens ». S'il était chef d'entreprise, il autoriserait le bermuda « si la tenue est correcte », précisant : « Si c'est un joli bermuda bien coupé, avec une chemisette qui a de l'allure, avec des chaussures qui vont avec, je pense que c'est tout à fait possible ».
Les membres masculins du gouvernement présents au Conseil des ministres mercredi portaient quasi tous veste et cravate. À Matignon, la consigne a été donnée aux cabinets ministériels de « tolérer les tenues adaptées à la canicule », là encore par « bon sens ». À l'Élysée, aucune consigne spécifique n'a été émise, mais des salles climatisées ont été ouvertes pour le personnel sans bureau adapté. Un proche d'Emmanuel Macron, en veste ce mercredi, a ironisé : « On n'est pas à l'Assemblée ici ».
Un débat récurrent sur le vestiaire masculin
Cette polémique rappelle celle de 2012, lorsque la ministre Cécile Duflot avait été sifflée pour une robe à fleurs. Aujourd'hui, les femmes disposent de plus de liberté vestimentaire, tandis que les hommes peinent à s'adapter. Arthur Delaporte milite pour une évolution durable, au-delà de la canicule. « Il faut arrêter avec ces codes vestimentaires de l'avant-réchauffement climatique », insiste-t-il. La question pourrait être débattue plus largement à l'Assemblée, alors que les épisodes de chaleur se multiplient.



