La ville de Béziers a quitté l'Union des Villes Taurines Françaises (UVTF) après le retrait de la candidature de son maire, Robert Ménard, à la présidence de l'institution. Ce départ, officialisé le 22 mai, fait suite à un différend sur le paiement des cotisations de la société Betarra, gestionnaire des arènes, et à une interview jugée critique par la direction de l'UVTF. Cette rupture prive l'Union d'une ville emblématique et d'un financement annuel de 5 000 euros, tout en laissant Béziers organiser ses ferias sans le cadre réglementaire de l'Union.
Un contexte de tensions et de victoires judiciaires
L'UVTF, créée en 1966, regroupe une cinquantaine de communes organisatrices de spectacles taurins espagnols. Elle est chargée de rédiger le règlement taurin municipal, qui fixe les règles de déroulement des courses pour garantir l'éthique et le respect de l'animal, notamment par un contrôle rigoureux des cornes, et d'assurer la sécurité du public. L'Union mène également un travail intensif de lobbying et de défense juridique de la corrida, avec des victoires notables face aux offensives parlementaires d'Aymeric Caron ou d'Aurore Bergé. Cependant, elle a récemment subi deux revers judiciaires, avec la suspension du retour des corridas à Pérols et à La Brède.
La succession de Julien Dubois en jeu
La succession de Julien Dubois, maire de Dax, à la présidence tournante entre le Sud-Ouest et le Sud-Est, semblait acquise à Robert Ménard. Le 28 avril, il était devenu l'unique candidat après le retrait d'Arles. Ce jour-là, l'édile biterrois se félicitait de « la reconnaissance de Béziers comme lieu emblématique de la tauromachie ». De son côté, André Viard, chargé de mission de l'UVTF, soulignait que « la surface médiatique de Robert Ménard est un atout considérable car il défend la liberté culturelle de nos régions sans être aficionado ».
Le coup de théâtre du 22 mai
Le 22 mai, lors d'une rencontre entre Robert Ménard et André Viard, ce dernier a signifié à l'édile qu'il ne pouvait plus candidater, la société Betarra n'étant pas à jour de ses cotisations selon l'article 8 des statuts. Une justification légale qui a surpris, car la situation était connue depuis des mois et un protocole d'accord avait même été transmis quelques semaines plus tôt. En réalité, c'est une interview accordée par le maire à Midi Libre le 8 mai qui aurait mis le feu aux poudres. Robert Ménard y prônait un dépoussiérage de la communication de l'UVTF, une évolution du règlement et une plus grande transparence. Face à ce blocage, l'entretien a tourné court : le premier magistrat a retiré sa candidature et acté le départ immédiat de Béziers de l'UVTF.
Conséquences financières et ajustements locaux
Les conséquences financières de cette rupture sont directes pour l'UVTF, dont le budget repose sur trois piliers : les cotisations des mairies (5 000 € par an pour les arènes de première catégorie), une redevance de 0,50 € par billet prélevée sur les spectateurs, et un prélèvement de 1 % sur le cachet des matadors, éleveurs et cavalerie. En quittant l'union, Béziers et Betarra ne verseront plus ces fonds, amputant le budget d'actions clés comme « l'école d'aficion » (billets gratuits pour les jeunes) ou la réalisation d'encyclopédies pédagogiques.
Impact local : une commission rebaptisée
Sur le plan local, les répercussions restent plus mesurées. La commission taurine extra-municipale est simplement rebaptisée commission technique taurine. Un changement purement formel pour une assemblée dont les avis sur la programmation ou la qualité du bétail demeurent avant tout consultatifs. Pour ne pas dire symboliques.



