Un ancien évêque de Tarbes et Lourdes, Pierre-Marie Théas, décédé en 1977 et reconnu « Juste parmi les nations » pour son engagement contre la persécution des juifs, est au cœur d’une enquête interne. Il est accusé de viol par un ancien collégien de l’établissement catholique béarnais Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques). La plainte a été déposée en 2025 pour des violences psychologiques, physiques et sexuelles subies durant la scolarité, comme l’a révélé Mediapart samedi.
Une plainte pour des faits remontant à 1971
L’homme qui met en cause Mgr Théas évoque notamment un viol commis, selon lui, en 1971, dans un « bâtiment à l’écart », par un « vieux prêtre », précise le site indépendant d’investigation. Cette accusation s’inscrit dans un contexte plus large de révélations sur les violences au sein de l’établissement Bétharram.
L’actuel évêque de Tarbes et Lourdes, Jean-Marc Micas, a indiqué dans un communiqué avoir été « informé de cette situation en juillet 2026 ». Il précise que l’homme a saisi « il y a quelques mois » l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), créée par l’Église catholique en 2021. « Originaire de la région, Monseigneur Théas a occupé, jusqu’à sa mort en 1977, un petit appartement mis à sa disposition à Bétharram », a observé Mgr Micas.
Des vérifications dans les archives sans résultat
Sollicité par l’Inirr « pour faire part des éléments éventuels dont nous disposerions pour étayer la vraisemblance de ce signalement », l’évêque actuel souligne qu’une « recherche approfondie dans les archives n’a pas permis de répondre positivement à cette demande ». De son côté, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, a précisé dans un communiqué que, « compte tenu de l’implantation régionale, des vérifications rigoureuses ont été immédiatement effectuées dans les archives du diocèse », sans rien faire apparaître.
Ces vérifications interviennent alors que l’Inirr doit examiner le dossier. Le collège de l’Inirr doit se réunir le 6 octobre pour décider de l’indemnisation de la victime, selon Mediapart. Cette instance de réparation, destinée aux victimes dans les diocèses, avait été créée par l’épiscopat français dans le sillage du rapport de la Ciase, qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église.
Une enquête de l’Institut Louis Joinet
L’Institut Louis Joinet (IFDJ), une ONG spécialisée qui a enquêté plus d’un an à la demande de la congrégation mise en cause, estime qu’entre 700 et 1.500 enfants scolarisés de 1950 à la fin des années 1990 à Notre-Dame-de-Bétharram, et dans d’autres établissements de cette congrégation religieuse, avaient été potentiellement victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques.
Cette affaire s’ajoute aux nombreuses révélations concernant Bétharram, qui ont conduit à des enquêtes et à des mesures de réparation. La réunion du collège de l’Inirr le 6 octobre sera déterminante pour la victime, qui attend une décision sur son indemnisation.



