Un drame sur le pont de pierre de Bordeaux
Le lundi 31 mars 1980, vers 15 heures, un événement horrible secoue la ville de Bordeaux. Deux femmes âgées, Mme Maria Sabiducci, 73 ans, et sa belle-sœur, Mme Marie Sella, toutes deux résidant à Créon, traversent paisiblement le fleuve sur le pont de pierre. Alors qu'elles croisent un jeune homme, leur vie bascule en quelques secondes. Sans avertissement, l'individu se retourne brusquement, saisit Mme Sabiducci et la précipite par-dessus le parapet dans les eaux tumultueuses de la Garonne.
Une fuite et une arrestation rapides
Pendant que le meurtrier s'enfuit vers le quartier de La Bastide, des passants, alertés par les cris de Mme Sella, interviennent. La police est immédiatement prévenue avec un signalement précis : l'homme porte un pull vert. Quelques minutes plus tard, les forces de l'ordre l'appréhendent sans résistance rue de la Benauge, à Cenon. Il s'agit d'un jeune homme de 25 ans, connu pour des troubles nerveux et suivi médicalement.
Les explications glaçantes de l'agresseur
Interrogé par la police, le suspect livre une justification terrifiante : « Je n'aime pas les vieux. » Cette déclaration, la seule qu'il fournira, souligne l'absurdité du crime. Pendant ce temps, les pompiers retrouvent le corps de Maria Sabiducci vingt minutes après l'incident, à environ deux kilomètres en aval du pont. La victime, inconnue de son agresseur, est décédée par noyade.
Un cas médical plus que judiciaire
L'enquête conclut rapidement à l'acte d'un individu en pleine crise de démence, sans mobile autre que sa folie soudaine. Comme le rapportait Sud Ouest dans son édition du 1er avril, ce crime, bien qu'homicide volontaire, relève davantage de la médecine que de la justice. Le journal consacre sa une et sa dernière page à ce fait divers rare, bouleversant toute la région.
Un autre corps découvert le même jour
Ironie tragique, le 31 mars 1980 voit un autre drame lié à la Garonne. Vers 16 h 45, les pompiers découvrent le corps d'un homme d'une soixantaine d'années, flottant près du quai de Queyries. Vêtu d'un costume gris foncé et sans papiers, il semble être dans l'eau depuis environ un mois. Une enquête est ouverte pour identifier cette victime et comprendre les circonstances de sa noyade.
Ce double événement rappelle les dangers du fleuve et la fragilité humaine face à des actes insensés. Les archives de Sud Ouest conservent la mémoire de ces moments sombres, témoins de l'histoire collective de la région.



