Booba jugé en mars 2027 pour cyberharcèlement de Magali Berdah
Booba jugé en mars 2027 pour cyberharcèlement

Le rappeur Booba sera jugé en mars 2027 pour des faits de cyberharcèlement aggravé à l’encontre de l’influenceuse Magali Berdah, a annoncé le parquet de Paris mercredi 8 juillet. L’artiste de 49 ans, de son vrai nom Élie Yaffa, est poursuivi pour des messages publiés entre 2021 et 2023 sur les réseaux sociaux, notamment Twitter (devenu X) et Instagram.

Des faits de harcèlement en ligne

Selon le parquet, Booba aurait incité ses millions d’abonnés à harceler Magali Berdah, fondatrice de l’agence d’influenceurs Shauna Events. Les messages visaient à décrédibiliser l’influenceuse, l’accusant d’escroquerie et de complicité dans des arnaques aux placements de produits. L’enquête, ouverte en 2022, a recensé plusieurs centaines de publications hostiles, dont certaines menaçant directement l’intégrité physique de la victime.

Une procédure longue et complexe

L’affaire a connu plusieurs rebondissements. Après une garde à vue en mars 2023, Booba avait été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec Magali Berdah. En juin 2024, le parquet avait requis un procès devant le tribunal correctionnel. La date d’audience a finalement été fixée en mars 2027, soit près de six ans après le début des faits. Cette lenteur s’explique par la complexité de l’enquête numérique et les nombreux recours déposés par la défense.

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Des peines encourues jusqu’à trois ans de prison

Booba est poursuivi pour cyberharcèlement aggravé en raison de la notoriété de la victime et du caractère public des messages. Il encourt jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Magali Berdah, qui s’est constituée partie civile, réclame des dommages et intérêts pour le préjudice moral et professionnel subi. Selon son avocate, Me Rachel-Flore Pardo, « les attaques ont eu un impact dévastateur sur sa vie personnelle et son activité professionnelle, la contraignant à réduire sa présence en ligne ».

Un précédent judiciaire pour Booba

Ce n’est pas la première fois que le rappeur est confronté à la justice pour ses propos en ligne. En 2021, il avait été condamné à 10 000 euros d’amende pour injure publique envers le journaliste Éric Dupond-Moretti. En 2023, il avait été relaxé dans une affaire de diffamation concernant le chanteur Maître Gims. Cette nouvelle procédure s’inscrit dans un contexte de lutte accrue contre le cyberharcèlement en France, où les peines se sont alourdies depuis la loi du 3 août 2018.

Une affaire qui divise l’opinion

Le procès de Booba suscite des réactions contrastées. Ses fans dénoncent une « censure » et une « instrumentalisation de la justice », tandis que les associations féministes saluent une avancée dans la protection des victimes de harcèlement en ligne. L’affaire met en lumière les difficultés à encadrer les comportements des influenceurs et des célébrités sur les réseaux sociaux. Selon une étude de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), 73 % des victimes de cyberharcèlement en France sont des femmes, et 40 % des auteurs sont des hommes connus du grand public.

Un débat sur la responsabilité des plateformes

L’affaire relance également le débat sur la responsabilité des plateformes dans la modération des contenus. Magali Berdah avait dénoncé à plusieurs reprises l’inaction de Twitter (X) et d’Instagram face aux messages haineux. En mars 2024, la Commission européenne a ouvert une enquête contre X pour manquement présumé à ses obligations en matière de lutte contre les contenus illégaux, en vertu du Digital Services Act (DSA). Le procès de Booba pourrait donc avoir des répercussions au-delà du cas individuel.

Conclusion

Le rendez-vous judiciaire est fixé en mars 2027. D’ici là, Booba reste présumé innocent. Cette affaire illustre les enjeux juridiques et sociétaux du cyberharcèlement, un phénomène en constante augmentation. Selon le ministère de la Justice, le nombre de plaintes pour cyberharcèlement a augmenté de 30 % entre 2022 et 2025.

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