Incendies dans l'Aude : un berger accuse l'État de laisser brûler le massif
Berger accuse l'État de laisser brûler le massif dans l'Aude

L'incendie qui a débuté mercredi 1er juillet à Oupia pour se diriger ensuite vers l'Aude a menacé, ce jeudi 2, le hameau du Soleil d'Oc à Pouzols, entraînant l'évacuation de 100 habitants. Face au danger, le collectif citoyen du "24 août" a dû évacuer lui-même 200 animaux. Ce sinistre relance le débat sur le manque d'entretien du massif des garrigues par l'État.

Un berger en colère

Jean Liandier, dit Jean, le chevrier des Corbières, est un brin en colère face à la situation que vivent les habitants de l'Aude, après la saison 2025 qui a ravagé le département : "Ça recommence et rien n'a évolué", lance-t-il en bas du hameau du Soleil d'Oc, qui a été évacué pour sa partie haute. Ce ne sont pas moins de 100 habitants qui ont dû quitter leurs demeures menacées par les flammes qui sévissaient au-dessus d'elles.

200 animaux évacués par le collectif

"Ce n'est pas tout, hier la préfecture m'a demandé si j'étais capable de mobiliser des moyens pour aider à une évacuation, insiste encore le berger et éleveur caprin. J'ai répondu oui, et il n'y a pas eu de suite. Nous sommes donc intervenus avec le collectif du "24 août" que nous avons créé l'an dernier après les gros incendies. Nous avons évacué environ 200 animaux de ce hameau. Si nous ne l'avions pas fait, ils seraient tous morts à l'heure actuelle."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Il faut rouvrir les espaces naturels

Effectivement, les flammes ont léché les habitations une partie de l'après-midi de ce jeudi 2 juillet pour s'en approcher très dangereusement en cette fin de journée. Mais le chevrier insiste encore. "Le feu, nous ne connaissions pas ça il y a bien longtemps. Pourquoi ? Tout simplement parce que le massif était entretenu. Je l'ai dit l'an dernier : si Roquefort-des-Corbières n'a pas brûlé, c'est parce que j'entretiens l'espace avec mes chèvres. Je suis payé par ma commune pour ça. Il faut faire pareil partout. Les chèvres vont faire le travail. Il faut ouvrir les espaces qui sont en train de se fermer."

"C'est un arbre torche"

Mais le chevrier est confronté aux services de l'État. Et les spécialistes de l'environnement ne l'épargnent pas non plus. "On reproche aux chèvres de manger le pin d'Alep. Comme son nom l'indique, il n'est pas d'ici et c'est un fléau. Mais ça, les gestionnaires de l'ONF ne veulent pas en entendre parler. Nos Corbières, notre garrigue et ce massif brûlent parce que cette essence d'arbre n'a rien à faire ici. C'est une véritable torche quand il y a du feu. L'an dernier, après ce dramatique incendie, j'ai cru un instant que l'État nous avait entendus. Ils avaient dit oui. Puis un mois après, nous n'avons plus entendu parler de rien. C'est vrai que c'est mieux bien brûlé et bien noir."

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale